Le profilage aboutit à des recoupements potentiellement dangereux

Par 25 août 2009
Mots-clés : Digital Working

L'analyse des informations engrangées par les systèmes capables de pister la navigation d'un internaute n'est pas une science exacte. D'autant plus avec les réseaux sociaux.

Analyser les habitudes des visiteurs d'un site est déjà une pratique courante. Rapportée aux réseaux sociaux, cela menace l'anonymat de données récoltées. Voici la conclusion des chercheurs à l'Institut Polytechnique de Worcester, qui ont étudié le mécanisme permettant aux sites d'associer les habitudes de navigation aux personnes surveillées. Comme beaucoup de sites Web commerciaux, les réseaux sociaux veulent connaître les habitudes numériques de leurs membres. Le but étant de leur proposer les offres publicitaires les mieux adaptées à leurs goûts. Par exemple, si l'internaute se rend souvent sur des sites de cuisine, il sera intéressé par la publicité d'un nouveau livre de recettes.
Supprimer l'anonymat de l'internaute
Dans ce dessein, ils recourent souvent à des services web - type Google Analytics - édités par des fournisseurs tiers qui analysent les visites. Ces derniers récupèrent les informations inscrites dans les cookies du navigateur web et analysent les parcours virtuels de l'internaute. "Quand un nouveau membre s'enregistre sur un réseau social, il se voit attribuer un identifiant unique" explique Craig Wills, responsable de l'étude. Représenté par une série de chiffres et de lettres, cet identifiant permet de déterminer un profil précis. "Nous avons constaté que lorsque les sites de réseaux sociaux leur transmettaient des informations sur vos activités, ils incluaient souvent cet identifiant unique". Du coup, cela permet à des sites tiers non seulement d'accéder à l'ensemble d'informations personnelles, mais aussi d'associer un profil aux habitudes de navigation.
Un méthode lourde de conséquences
Cette pratique peut s'avérer dangereuse, alarment les chercheurs. Dans les cas où plusieurs personnes utilisent le même poste d'ordinateur, il existe un risque d'avoir son identité associée à un profil de navigation trompeur ou partiellement incorrect. Sans compter que les applications qui agrègent les données liées à des visites "n'ont pas toujours la capacité de distinguer si la personne s'est rendu sur un site d'information sur le cancer par curiosité ou parce qu'elle est vraiment atteinte de cancer, explique Craig Wills. Le fait qu’on ne sache pas ce que ces sites font des données collectées pose d’autres problèmes. "Un mauvais profilage tombé entre de mauvaises mains peut potentiellement causer des problèmes à l'embauche ou lors de l'obtention d'une assurance-maladie".

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas