La prothèse réalise elle-même le suivi du patient

Par 18 juin 2008
Mots-clés : Smart city

L'eDisc embarque des capteurs capables de récupérer des données physiques et chimiques concernant le malade ayant subi une greffe. But : détecter l'imminence d'une infection ou d'un déplacement de la prothèse.

La plate-forme OrthoSim permettait déjà aux chirurgiens de mettre au point des prothèses mieux adaptées au patient. Elle leur donne la possibilité de simuler la pose en amont. Mais une fois celle-ci installée, la question du suivi reste la même : difficile de savoir exactement si la prothèse n'est pas rejetée par le corps ou ne s'est pas infectée sans passer par une radio. Une équipe du Rothman Institute développe une prothèse qui intègre des capteurs et des microprocesseurs. Cela rend l'implant, baptisé eDisc, capable de transmettre des informations en temps réel sur un éventuel rejet, une dislocation ou une infection. Les données enregistrées par les capteurs, d'ordre chimique et physique, sont envoyées vers un système informatique dédié, afin d'être analysées par les chercheurs.
Des capteurs prescripteurs
Reste que l'équipe ne précise pas comment les informations sont transmises : RFID, Bluetooth... Pour le moment, plusieurs mesures sont réalisables : température, PH, taux de glucose, enregistrement de l'activité électrique du corps, force d'appui. D'autres fonctions sont également en cours de développement : capacité pour les dispositifs de se mettre automatiquement en marche ou en arrêt, ou d'être reprogrammés. Selon les chercheurs, quand un capteur repère une anomalie chimique qui annonce une infection, il est capable de délivrer automatiquement des antibiotiques. A terme, les informations collectées devraient pouvoir être transmises directement au patient, qui pourra gérer son état de santé. "Mais nous sommes encore loin d'être capables de construire une prothèse pouvant communiquer avec le patient", modère Darryl D'Lima, l'un des chercheurs qui participe au projet.
Des problèmes de coût en perspective
D'autres questions doivent aussi être résolues avant une commercialisation des prothèses. Pour le scientifique Georg Bergmann, il existe en effet un problème non négligeable de coût. "Un tel projet coûte cher. Nous devons en effet disposer d'un personnel rompu, capable de réaliser et surtout d'interpréter les données collectées. Des mesures qui varient selon les patients", souligne-t-il à la revue Orthopedics Today. Selon lui, certaines de ces applications de mesure, comme celles permettant de calculer la force d'appui de la prothèse sur le genou ou la hanche, ne devraient d'ailleurs pas pouvoir être commercialisées avant un certain temps.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas