Proxima estacion : Esperanza

Par 15 février 2010
Mots-clés : Europe

Aujourd'hui démarre à Barcelone l'édition 2010 du World Mobile Congress, "the place to be" pour tous les amateurs de nouvelles technologies orientées mobile.

C'est promis, je vous parlerai high-tech et des dernières tendances de la technologie mobile, mais avant cela, permettez-moi quelques remarques sur une ville et une culture que je ne connaissais pas.

Tout d'abord, et c'est une bonne surprise, les Espagnols ne parlent pas si mal anglais que ça*. Evidemment, l'échantillon d'Ibères auquel j'ai été confronté n'est pas très représentatif (un chauffeur de taxi, trois serveurs, deux réceptionnistes...), mais bon. Les Espagnols ont tout de même la réputation de parler plus mal anglais que les Français, c'est pour dire. A ce rythme là ils vont nous passer devant dans les classements internationaux. Heureusement il restera toujours les Italiens (mais eux nous sont passés devant dans le classement des accents les plus sexy du monde. Enfin, il paraît).

En tout cas, heureusement que les espagnols ont fait des progrès avec la langue de Shakespeare, parce que je ne maîtrise absolument pas celle de Cervantès. En pleine terre Catalane, ça n'est peut-être pas plus mal. Je ne me sens pas insulté quand on me parle Catalan plutôt que Castillan vu que je ne distingue pas l'un de l'autre (après une journée dans le pays je continue de dire "allô" plutôt que "ola" et à répondre "nein" quand on me demande si je "hablas espanol"...). Il y a des moments où j'ai vraiment l'impression de me promener dans une chanson de Manu Chao géante.

Après à peine 24h à Barcelone, j'ai fait une découverte scientifique importante. Une découverte dont je m'étonne qu'elle ait échappée jusque là aux scientifiques. A Barcelone, il pleut dans trois directions différentes. Alors bien sûr, comme partout ailleurs, il pleut du haut vers le bas. Mais pas seulement. Il pleut aussi du bas vers le haut, et surtout il pleut horizontalement.

La raison de ce phénomène hors du commun ? Le système d'évacuation des eaux de pluie : littéralement inexistant. Résultat, dès qu'il pleut comme ce fut le cas samedi (ne vous sentez pas obligés de me plaindre, je survis), la ville entière est recouverte d'une pellicule d'eau qu'on ne peut pas décemment qualifier de "fine". Par endroit elle s'accumule en flaques si grandes qu'on croirait l'Ecosse. Du coup on patauge, c'est rien de le dire. On absorbe l'eau directement par le bas, comme une éponge. Deuxième conséquence de ce phénomène : les voitures qui continuent de rouler en trombes ne manquent pas une occasion d'éclabousser généreusement les passants. Au feu rouge, le piéton est confronté à un dilemme cornélien : vaut-il mieux tenir son parapluie au-dessus de soi ou devant soi ? Etant parti en tongues, bermuda, chemise à fleur et surtout sans parapluie, je me suis épargné ce raisonnement. En revanche je tiens une distance de sécurité de 5 mètres avec les trottoirs.

On voit que les Espagnols n'ont pas retenu grand chose de leur occupation de la Flandres. Si nous avions le même système d'évacuation des eaux à Lille, ce ne serait pas la Venise du Nord qu'il faudrait nous appeler (appellation qu'il faudrait en plus partager avec Amsterdam, Bruges, Stockholm, Saint-Pétersbourg... ça commencerait à faire beaucoup), ce serait l'Atlantide du Nord. La cité engloutie. Et encore, j'en profite pour rappeler qu'il ne pleut pas "tout le temps" à Lille.

Quand on parle mobile, Barcelone impressionne certainement, mais en termes de gestion de l'humidité, il y a encore des progrès à faire.

* Edit : en fait si, rassurez-vous.

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