Puces RFID : à quand l'implantation sous la peau de sa carte de crédit ?

Par 02 décembre 2003
Mots-clés : Smart city

Payer ses achats de Noël d'un simple mouvement du poignet. Non pas pour sortir sa carte de paiement, mais pour présenter à la caisse la puce que l'on vient de vous implanter dans le bras ...

Payer ses achats de Noël d’un simple mouvement du poignet. Non pas pour sortir sa carte de paiement, mais pour présenter à la caisse la puce que l’on vient de vous implanter dans le bras. Science-fiction ? Pas pour la société américaine Applied Digital Solutions (ADS), qui espère que les Américains, ses premiers clients potentiels, acceptent de se faire greffer sous la peau des puces RFID (Radio Frequency Identification), pour être automatiquement identifiés à chaque fois qu’ils se présentent à un distributeur de billets ou à la caisse d’un magasin.

Les puces RFID sont des puces minuscules, que des fabricants ont réussi à réduire à la taille d’un grain de sable. Le transfert d’informations qu’elles contiennent vers un lecteur s’effectue par radiofréquence et non par lecture optique, comme c'est le cas pour le code à barres. Elles n’ont généralement pas besoin d’énergie, et utilisent la puissance du signal radio initial pour transmettre leur réponse.

ADS et sa solution « Veripay » mis à part, plusieurs autres sociétés du secteur des moyens de paiement pensent au développement des puces RFID. Mastercard, par exemple, a développé une technologie baptisée « Paypass ». Le groupe ne pense pas pour l’instant à des implantations sous-cutanées, mais réfléchit plutôt à l’intégration de sa technologie RFID (baptisée « Paypass ») à des objets : stylos, boucles d’oreille, porte-clefs, etc.

La solution d’ADS, et les puces RFID dans leur ensemble posent encore quelques problèmes. Le plus évident, dans le cas de « Veripay » par exemple, est l’acte chirurgical que nécessite l’implantation de la puce. En cas de mauvais fonctionnement, il ne s’agira plus d’appeler la banque, mais le chirurgien ! Ensuite, ces puces posent encore des problèmes de sécurité : il est facilement imaginable que des personnes mal intentionnées parviennent à détourner le signal qu’elles émettent vers un distributeur de billets de leur choix…

Enfin, le dernier souci de ces puces est souvent dénoncé par des organisations comme la Cnil (Commission nationale informatique et libertés) qui mettait en garde dans un dossier thématique, il y a quelques jours, contre le risque de profilage des individus, entourés d’un maillage dense d’objets porteurs d’informations personnelles.

( Atelier groupe BNP Paribas – 02/12/2003)

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