"Push email" : la suprématie du Blackberry mise à mal ?

Par 25 novembre 2005

Comment survivre, lorsqu'on est un cadre moderne et mobile, sans le fameux boîtier noir qui permet d'être en permanence relié à sa messagerie professionnelle ? Le Blackberry, déjà présent dans la...

Comment survivre, lorsqu'on est un cadre moderne et mobile, sans le fameux boîtier noir qui permet d'être en permanence relié à sa messagerie professionnelle ? Le Blackberry, déjà présent dans la poche de plusieurs dizaines de milliers de cadres français, provoque un tel engouement chez ses utilisateurs que certains se plaignent de ressentir des crises d'angoisse s'ils ne reçoivent pas d'emails pendant quelques temps ! (cf.. notre dossier "Les TIC face à la gestion du temps").
Entre la baisse continue du nombre de nouveaux abonnés, la concurrence qui montre les dents et l'épée de Damoclès juridique qui le menace, RIM pourrait bien voir sa suprématie sur le secteur du "push email" remise en question...
Objectifs sur les nouveaux abonnés en baisse...
En dépit de l'annonce de nouveaux modèles de combinés Blackberry équipés de processeurs Intel, retardés à début décembre, les résultats du canadien ne devraient pas atteindre les prévisions annoncées. Une nouvelle qui vient s'ajouter aux déboires juridiques pour créer un climat de défiance parmi les actionnaires...
Pour le troisième trimestre, le nombre de nouveaux abonnés devrait être inférieur aux prévisions de 8 %. Ces dernières oscillaient aux alentours de 700 000 nouveaux clients. RIM impute cette baisse au retard pris par sa nouvelle génération de combinés : de nombreux acheteurs potentiels auraient finalement choisi d'attendre pour bénéficier des nouveaux appareils.
Ce qui n'empêche pas RIM d'annoncer prudemment une révision à la baisse de 3 % de ses prévisions pour le quatrième trimestre, clos le 14 mars prochain. Toutefois, notons que les prévisions de revenus des troisième et quatrième trimestres restent inchangées.
Une concurrence qui fourbit ses armes
La concurrence, incarnée par Nokia, Motorola ou Microsoft, se prépare à investir massivement le secteur du push email, un facteur qui vient pondérer l'optimisme dont RIM s'efforce tout de même de faire preuve...
Nokia se montre tout particulièrement déterminé. Selon Scott Cooper, vice président des solutions mobiles au sein de Nokia Enterprise Solutions, le Finlandais "obtiendra la première place sur le marché des terminaux de push email en 2008" grâce à son Nokia Business Center, annoncé en septembre dernier .
Certes, ces nouvelles offres devront faire leurs preuves et obtenir des certifications dont dispose déjà RIM au niveau de la sécurité avant de prétendre concurrencer le Blackberry, mais force est de constater que l'avenir du canadien ne s'annonce pas de tout repos.
Le pire est-il encore à venir ?
Scénario catastrophe : le Blackberry purement et simplement interdit sur le territoire américain ! Il ne s'agit certes que d'une éventualité relativement improbable, mais le litige qui oppose RIM à l'américain NTP pourrait aller jusqu'à entraîner une telle mesure, le privant de 70 % de son chiffre d'affaires.
Petit rappel des faits : NTP met au point certaines technologies liées au "push email" et les brevette mais ne développe aucune application commerciale. RIM, pensant que la voie était libre, s'engage dans le Blackberry, qui remporte le succès qu'on lui connaît, particulièrement sur le marché américain (plusieurs millions d'utilisateurs). Problème : RIM viole un certain nombre des brevets posés par NTP, qui porte l'affaire devant les tribunaux.
De reports en appel en accords avortés, l'affaire traîne et l'importance des sanctions potentielles augmente. En octobre dernier, après cinq ans de circonvolutions, l'affaire revient devant le tribunal de Virginie d'où elle était partie.
Même si, en théorie, l'interdiction pure et simple est envisageable, les sanctions ne devraient être que financières : on évoque une amende d'au moins 450 millions de dollars pour RIM, assortie d'une obligation de reverser une partie de ses revenus à NTP. Certains analystes mentionnés par Forbes estiment que le règlement de ce litige pourrait coûter jusqu'à un milliard de dollars au Canadien qui, bien que disposant d'environ 1,2 milliard de dollars de liquidités, pourrait éprouver des difficultés à absorber un tel choc.
(Atelier groupe BNP Paribas - 25/11/05)

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