Qu’est ce qu’un témoin sans ligne d’arrivée ?

Par 12 juillet 2011
Jan Karsky sur Wikipedia

Le métier du futur, la médiation. Curateur du web . scoop.it, paper.li, pearltrees. Sous l’avalanche d’info, le meilleur moyen serait de passer par des intermédiaires à même de nous aiguiller.

 

A L’Atelier, c’est sous le terme d’interface que nous attribuons cette fonction de relais entre communautés innovantes et métiers des grandes entreprises. Une pièce de théâtre à laquelle j’ai eu la chance d’assister m’a un peu coupé les pattes sur le sujet ; Et je tenais à partager. LOL, quoi.

 «  Jan Karsky (mon nom est une fiction) » raconte en effet l’histoire d’un résistant catholique polonais qui devient témoin. On le missionne en 1942 pour aller rencontrer deux figures du ghetto de Varsovie.  Ils lui demandent de témoigner auprès des médias et des politiciens anglais et américains de la situation : les juifs européens vont disparaître exterminés par les nazis si les grandes puissances n’infléchissent pas leur tactique pour y inclure des objectifs non militaires, il faut armer les juifs du ghetto, afin qu’ils puissent se soulever. Jan Karski imprime le message dans son cerveau jusqu’à la nausée. Il n’en finit plus de témoigner auprès des puissances en exil à Londres, auprès des anglais, auprès de Roosevelt lui-même.

Avec comme seule conséquence collatérale, le suicide d’un juif polonais qui décide de s’étouffer au gaz, désespéré de n’avoir pas infléchi  le cours de la guerre. Jan Karski poursuit ses conférences, ses interviews, témoigne, transmet, devient média même après la chute du ghetto et la mort des messagers originels. Même après la fin de la guerre. Sans résultat. Avec comme seule certitude que si personne n’a agi, c’était en parfaite connaissance de cause. Le messager, l’intermédiaire, le témoin peuvent ne servir à rien. Il faut que le spectateur, le destinataire, le lecteur, l’internaute ait envie. Et cela... ça peut sembler triste, mais pas tant que l’autre réflexion amenée par la pièce : les alliés ne peuvent pas prétendre avoir gagné la guerre de 39-45.

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