Québec : le collaboratif soutient les projets d'entreprise

Par 22 juillet 2009

Le Réseau Québecois de Crédit Communautaire accompagne les porteurs de projets et les finance via l'agrégation des dons et des prêts recueillis. Un soutien intéressant pour les start-up.

Explications avec Lucie Villeneuve, directrice générale du RQCC.
L’Atelier : Quelle est la spécificité du crédit communautaire ?
Lucie Villeneuve : Notre démarche est différente des institutions de microfinance ou de microcrédit classiques. Le modèle que nous avons développé, et qui est spécifique au Québec, repose sur deux choses. D'une part la capitalisation, à partir de dons ou de prêts de particuliers, d'entreprises ou d'organismes : au lieu de placer leur argent à la banque, ces entités peuvent choisir de collaborer à la concrétisation des projets, en prêtant une certains somme à la communauté. Et d'autre part l'accompagnement de proximité : nous intervenons dès le départ du projet.
Comment intervient le RQCC ?
La communauté, composée de vingt-deux membres locaux, lève les fonds. Parallèlement à cela, un comité examine les projets qui lui sont directement soumis par leurs porteurs. Il choisit alors d'en soutenir et d'en accompagner un certain nombre. Ce soutien peut prendre la forme de garanties, de mises de fonds pour lancer le projet.
Cet outil est-il moteur d'innovation, par exemple pour les nouvelles technologies ?
La crise des secteurs agricoles et forestiers a poussé les Québécois à développer leurs propres entreprises. Or, lorsqu'il s'agit de petits travailleurs, ils présentent un grand risque pour les institutions financières classiques. Nous venons les soutenir dans cette situation. Les projets dans le secteur des nouvelles technologiques nécessitent généralement beaucoup d'argent. La communauté n'a souvent pas les moyens d'intervenir directement pour les financer. En revanche, nous pouvons les soutenir en apportant notre garantie, afin de rassurer ses partenaires financiers qui lui fourniront alors les fonds nécessaires.
Ce type de projets semble déjà exister dans d'autres pays.
Oui, nous commençons à voir des expériences qui s'en approchent, de manière adaptée. Aux Etats-Unis, par exemple, des initiatives de ce type ont été lancées. Elles fonctionnent sur le même système de capitalisation communautaire. Mais ce système a été développé là-bas sans le second élément primordial pour nous, l'accompagnement de proximité. Cela est notamment dû aux différences entre les lois de nos deux pays.

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