En quoi cette modification de la logique pédagogique a-t-elle un impact structurel ?

Par 05 décembre 2008
Mots-clés : Smart city

Nous sommes loin de simples variations techniques de la pédagogie. C'est l'ensemble de l'armature de la connaissance qui se transforme sous nos yeux.

Voici quelques conséquences extrêmes (et peut-être caricaturales) de la lame de fond qui traverse l’univers de la connaissance : 1. La coupure entre l’action et l’accès aux connaissances, entre l’acte productif et l’acquisition de connaissances est de moins en moins marquée. L’accès aux connaissances se faisant en fonction des besoins de l’action et au moment où l’action le rend nécessaire. 2. La vitesse de transmission des connaissances évolue également de manière significative. La contrepartie à ce gain est le temps et les moyens nécessaires à la conception d’une simulation ou d’un serious game. 3. C’est notre rapport à la connaissance qui change. D’une part la connaissance est plus diversifiée, d’un volume décuplé et en croissance exponentielle. D’autre part, cette connaissance est "stockée" dans des réservoirs numériques complexes, bien plus performants que les bibliothèques. Ainsi, l’art de la connaissance est en train de devenir la capacité de faire l’intermédiation entre le problème à résoudre et tel contenu que l’on est capable d’identifier dans les "réservoirs numériques complexes".
Banalisation de la connaissance
4. A travers son expansion et sa diversification, la connaissance se banalise et perd son rôle de "marqueur social", d’instrument de hiérarchie implicite. 5. Enfin, le comportement de la génération montante (les digitales natives, la génération y) rend urgent la mise en place de nouvelles méthodes d’apprentissage parce qu’ils "décrochent" de plus en plus des méthodes traditionnelles. C’est d’ailleurs une des motivations des recherches et des expériences engagées. Les questions restant en suspend sont nombreuses et complexes : comment ne pas perdre les acquis d’un système de connaissances qui est à l’origine de la révolution industrielle puis de la révolution scientifique et technique ? Comment gérer de la manière la moins coûteuse possible le passage entre les deux univers de la connaissance ? En quoi ce phénomène de transformation de la connaissance est-il l’expression d’une nouvelle façon de penser ? Comment produire les outils conceptuels qui nous permettrons de penser (c'est-à-dire de maîtriser) ce nouvelle ordre de la connaissance ? L’immensité de ces questions ne doit pas nous faire perdre de vue l’impact opérationnel des changements en cours.
L'entreprise doit investir dans le capital connaissance
Nous sommes tous convaincus de l’enjeu de la connaissance pour les entreprises : les entreprises doivent devenir des systèmes producteurs de connaissances opérationnelles, des lieux de partage et des hubs de crowdsourcing. C’est à cette condition qu’elles sauront identifier les nouvelles briques de solutions (technologies, services, etc.) et s’adapter en permanence aux attentes et aux besoins de leurs clients, sources principales de la performance. En d’autres termes, c’est l’impératif pour que l’entreprise puisse conserver la même vitesse que le monde. Avec la montée en puissance de la trilogie pédagogique des TIC (la simulation, l’interactivité et l’immersion), ce qui était une aspiration louable devient un champ opérationnel. Chaque entreprise peut donc désormais innover et investir dans le "capital connaissance". Je serais tenté de dire qu’il y a même une certaine urgence à structurer la "machine à connaissances" afin d’assurer la pérennité de l’entreprise.

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