La radio cognitive doit anticiper les risques

Par 18 mars 2008

CAREER finance un programme de recherche visant à établir une analyse prospective des risques menaçant les réseaux radiologiciels. Ces réseaux sont capables de détecter l'ensemble des fréquences disponibles.

Les systèmes de radio cognitive (ou radiologicielle) s'annoncent comme une solution valable pour fiabiliser les communications : cette technique détermine automatiquement les fréquences disponibles via une antenne intelligente qui balaie toutes les fréquences et sélectionne les signaux les plus adéquats. Le dispositif donne aussi la possibilité d'entrer automatiquement en communication avec son interlocuteur sans se soucier de l'aspect technique et du protocole utilisé. Reste un problème : celui de la sécurité. Le détournement d'un dispositif capable de détecter et d'emprunter l'ensemble des réseaux peut en effet s'annoncer très dangereux. Pour empêcher la concrétisation de tels scénarii, le CAREER program de la National Science Foundation attribue la somme de 430 000 dollars à un chercheur du Virginia Tech. But de la manœuvre : aider ce dernier à mener un programme de recherche prospective qui vise à déterminer avec exactitude les différentes menaces qui pourraient peser sur les réseaux de radio cognitive.
Fiabilité des communications
Le but étant "d'aider les fournisseurs de services et les fabricants à développer des technologies plus sûres", souligne Jung-Min Park, responsable du groupe de recherche chargé de mener le projet. Parmi les risques envisagés, le brouillage de communications en temps de guerre visant à perturber l'adversaire ou l'extorsion d'argent aux opérateurs utilisant ces réseaux. Pourquoi toutes ces précautions ? Parce que le jeu en vaut la chandelle : on peut envisager de nombreuses applications, notamment au niveau des communications mobiles. Disposer d'un téléphone capable de capter le réseau disponible et de migrer dessus automatiquement permettrait de dépasser les problèmes de saturation de fréquence – ou au contraire le manque de réseau disponible. Selon Michel Riguidel, responsable du département Informatique et Réseaux à l'Institut Télécom, cette application est totalement envisageable. D'ailleurs, les combinés hybrides GSM-Wi-Fi comme le Twin de Neuf Télécom existent déjà. Le chercheur souligne que "la diversité des gammes de fréquences utilisées par les communications mobiles grand public est relativement limitée".
Couvrir les zones rurales
Le téléphone portable ne capte en effet que quelques réseaux (GSM, UMTS, Wi-Fi…). "A terme, les combinés mobiles seront également capables d'embarquer en plus les deux systèmes de géolocalisation - Galileo et GPS, afin de permettre à l'utilisateur des services optimum", note Michel Guiridel. Autre usage possible : le développement de réseaux d'accès sans-fil permettant aux habitants de zones rurales non couvertes de capter des fréquences Wimax ou GSM. Ce, dans le but d'accéder à Internet. Selon le responsable du programme de recherche du Virginia Tech, Jung-Min Park, un premier réseau standard est actuellement en cours de développement. La technologie s'annonce également prometteuse au niveau des communications d'urgence médicale et pour le secteur militaire – l'un des premiers à utiliser la technologie. Reste que, selon Michel Riguidel, le système ne fonctionne aujourd'hui que sur des ondes de spectres limitées. Il se heurte également à plusieurs difficultés comme le décodage des formes d'ondes.

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