La radio cognitive peut réduire à la fracture numérique

Par 14 octobre 2008

Cette technologie permettrait d'utiliser les fréquences - dont les chaînes de télévision ou les radios ont habituellement l'usage exclusif - pour distribuer le haut débit dans les pays du sud.

L'utilisation de la radio cognitive, ou radiologicielle, aiderait à réduire la fracture numérique dans les pays en voie de développement. À condition que ceux qui y ont le monopole des fréquences jouent le jeu. C'est en substance ce qu'a expliqué Victor Bahl, un ingénieur en sciences informatiques de Microsoft Research à l'occasion du second congrès international sur les communications sans fil et les technologies de l'information organisé par l'IFIP. Dans les pays du sud, la majeure partie des bandes passantes bénéficie exclusivement à quelques compagnies, notamment les chaînes de télévision et les stations de radio. L’utilisation de systèmes de radio cognitive permettrait de surmonter un tel problème de concentration des réseaux. La technique détermine automatiquement les fréquences disponibles via une antenne intelligente qui balaie le spectre et sélectionne les signaux les plus adéquats.
Sécurisation des réseaux
De la sorte, un périphérique peut capter un réseau disponible et y migrer instantanément. Le tout sans interférer avec les signaux des autres utilisateurs de ces fréquences, en l’occurrence les émetteurs de télévision et de radio. "On nous explique que la radio cognitive pose des problèmes de sécurisation des réseaux. La vérité, c’est que les sociétés qui ont payé pour qu’on leur alloue une part de spectre rechignent à la prêter à d’autres", explique Victor Bahl. "Si nous arrivions à construire un réseau capable de changer de fréquences lorsqu'il détecte un nouveau signal, nous pourrions pourtant venir à bout du problème de limitation des fréquences disponibles". Pour convaincre les sociétés qui disposent de la majeure partie des fréquences, le chercheur de Microsoft suggère de mettre en place un système où elles pourraient louer les parts de spectre qu’elles n’utilisent pas.
Libéraliser les politiques d’allocation de spectre
"Il est faux de dire qu'il n'y a pas de bande passante disponible. Nombre de fréquences déjà allouées par les états restent inusitées". Rien qu’aux Etats-Unis, par exemple, seuls 5 % du spectre alloué est utilisé. De manière générale, explique Victor Bahl, il serait certes préférable que les gouvernements changent leur politique d’allocation de fréquence et en alloue de plus grandes parts à de nouveaux fournisseurs d’accès à Internet. Dans ces conditions, pense-t-il, "un système de réseaux sans fil en mesh suffirait à fournir une connexion Internet à haut débit à la plupart des personnes qui n'en bénéficient pas encore". La libéralisation des politiques d’allocation de fréquence n’est malheureusement pas à l’ordre du jour. C’est précisément la raison pour laquelle Microsoft Research réfléchit à l’utilisation de la radio cognitive.

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