Rassurant et autonome, Nia est l'archétype du robot communicant

Par 31 mars 2009
Mots-clés : Smart city, Europe

Le boîtier mis au point au sein du centre de R&D de Nokia fait le lien entre l'utilisateur et le web. Son designer a insisté sur plusieurs points : un aspect neutre et la mise en place d'une communication intuitive entre l'homme et la machine.

Les objets communicants ne doivent pas être une simple interface entre le web et leur utilisateur, expose le designer Sebastian Müller. Leur apparence doit répondre à des exigences d'esthétique, de praticité et d'usage. Autre prérequis : la communication entre un individu et le dispositif doit être intuitive. Ce dernier doit être capable de s'adapter à son utilisateur. Le designer a été chargé par le Nokia Research Center (NRC) de mettre au point un robot domestique capable de répondre à ces différents objectifs. Fruit de ses recherches, et de l'aide de Frédéric Kaplan, chercheur en robotique à l'EPFL de Lausanne : un boîtier robotisé baptisé Nia qui ressemble non pas à un animal domestique mais à un simple cube. La forme neutre est censée s'harmoniser avec l'environnement dans lequel le robot est posé et être maniable aisément. Pour être plus autonome, il embarque une caméra de reconnaissance de mouvements, des capteurs à infrarouge et des roues.
Garder le contrôle
La caméra lui permet de savoir si son propriétaire est loin ou proche de lui, pour s'activer en conséquence. Il est aussi capable de comprendre certaines habitudes de l'utilisateur, afin de se programmer en conséquence : lecture de mails uniquement le soir, mise en veille certains après-midi de la semaine... Il est aussi censé s'adapter et se synchroniser à son écosystème (ordinateur, lecteur MP3, poste de TV...). Nia peut également se gérer de manière quasi autonome : quand sa batterie est presque vide, il se rend directement auprès d'un appareil de recharge par induction développé également par le designer. Pour trouver le système, il se repère via des tags 2D qu'il photographie et qui le renseignent sur la localisation du chargeur. Malgré cette autonomie, il conserve bien apparent un bouton on/off, symbole du contrôle de l'utilisateur sur sa machine.
La ressemblance à un être vivant n'est pas gage de confiance
Enfin, Nia se manipule via un écran tactile. Sebastian Müller précise que les données enregistrées ou captées par le système sont stockées dans un centre de calcul externalisé. Cela facilite la récupération des données en cas de détérioration du robot. Selon le designer, les utilisateurs n'ont pas besoin d'assimiler leur robot à un être vivant pour se sentir en confiance. Si le lapin Nabaztag, perçu comme rassurant et amical, a fonctionné immédiatement, Sebastian Müller explique qu'il n'en a pas été de même pour Jeppe, développé en août dernier par le NRC. Ce robot domestique, qui ressemble à une tête d'androïde souriante, n'aurait pas connu de succès fulgurant. Explications : il a été perçu comme laid, ressemblant à un casque, voire à un morpion. Autant de considérations peu flatteuses qui s'ajoutent à un manque de maniabilité pour les personnes âgées : sa surface lisse le rend difficile à agripper.

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