La R&D européenne est tournée vers la connaissance

Par 16 novembre 2007

Si l'Europe s'impose comme un fer de lance de la recherche fondamentale dans le monde, elle accuse toutefois un certain retard en matière de développement expérimental.

Le Japon et les Etats-Unis, poids lourds de la recherche et développement mondial, dépensent plus que l’Europe dans les domaines du développement expérimental. C’est ce qu’annonce le dernier rapport en date de l’institut Eurostat intitulé « activités et coûts en matière de R&D ». Sur la base des données disponibles pour l’année 2003, l’agence européenne avance que le Japon (aurait) a consacré plus de 60 % de son budget de R&D à des activités visant la fabrication de nouveaux matériaux, produits ou procédés. Il est suivi des Etats-Unis, qui y ont dédié plus de la moitié de leurs dépenses de R&D tandis que l’Europe, bonne dernière, afficherait une propension à investir dans le développement expérimental de près de 40 %.

L’Europe s’implique en recherche fondamentale

Une relative faiblesse qui s’explique par l’importance des budgets consacrés à la recherche appliquée (35 % du total) et la recherche fondamentale (23 %), pour lesquelles le Vieux Continent se classe en revanche premier. Rappelons que les objectifs de ces deux types de recherche sont tout autres que ceux du développement expérimental. Ils sont en effet motivés par l’intérêt scientifique d’une part, et la résolution de problèmes pratiques d’autre part, bien loin de toute création ou d’invention concrètes. Si du point de vue des zones économiques on constate un décalage de l’Europe, ce type de disparités s’illustre également dans les comparaisons sectorielles.

Les entreprises, spécialistes du développement expérimental

D’après les chiffres d’Eurostat, on constate que le secteur des entreprises s’est spécialisé dans le développement expérimental. Au sein même de l’Europe des vingt-sept, près des deux tiers des dépenses de R&D réalisées par les entreprises auraient été allouées à ce type d’activité. Et la tendance enregistrée au niveau global de s’appliquer également aux secteur privé puisque les entreprises Japonaises, américaines et même russes dépensaient plus en matière de développement expérimental que leurs alter ego européennes avec respectivement 75, 74, et 85 %. Les secteurs des administrations publiques et de l’enseignement supérieur des pays de l’UE seraient quant à eux plus ou moins marqués par une spécialisation en recherche appliquée (46 %) pour le premier, et en recherche fondamentale pour le second (70%).

L’Atelier, groupe BNP Paribas

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas