Réalité virtuelle : l'immersion passe aussi par la mimétisation

Par 25 mars 2010
Mots-clés : Smart city, Europe

Manipuler des objets avec des mains virtuelles qui ressemblent aux siennes plutôt qu'avec des curseurs rend les participants plus réactifs et plus impliqués à l'expérience qui leur est proposée.

Les candidats à une expérience de réalité virtuelle sont plus à mêmes de se prêter au jeu s'ils peuvent y retrouver un élément de leur corps auquel se référer. "Le corps virtuel est un composant important dans une expérience 4D, sa présence peut transformer de manière significative les actions du participant", affirme ainsi Anthony Steed, de l'university College of London, et qui a mené une étude sur le sujet. Un constat à prendre en compte par les entreprises qui s'intéressent à la réalité virtuelle pour mettre au point des modules de formation. Pour valider ce postulat, le chercheur a proposé à des volontaires de se plonger dans un environnement de réalité virtuelle.
Le réalisme engage aussi l'émotion
Ceux qui accomplissaient des mouvements en visualisant une main humaine étaient plus réactifs à un événement soudain - comme une lampe qui tombe - que ceux dont le membre était représenté par des curseurs abstraits. Autre observation : visualiser des mains qui ressemblent aux siennes engage aussi plus facilement l'émotion du participant. Le chercheur a en effet fait suivre un questionnaire aux participants après l'expérience. Ceux qui s'étaient déplacés dans l'environnement en étant dotés de mains virtuelles se sont sentis plus facilement impliqués et menacés par un événement extérieur que les autres.
Un esthétisme qui comporte aussi des dangers
Autant de conclusions confirmées par Daniel Mestre, responsable scientifique du Centre de Réalité Virtuelle de Méditerranée. "L’esthétisme de l’avatar ou de l'une de ses parties, tout comme la coordination de ses mouvements, comptent beaucoup dans le processus d’immersion", explique-t-il à l’Atelier. Mais cela n'est pas si simple. Selon lui, le réalisme ne suffit pas et il y a des pièges à éviter. "Plus on s’approche du réel, plus des éléments étrangers au candidat peuvent détruire ce réalisme". L’expérience menée par Anthony Steed le démontre aussi. L'un des candidats s’est ainsi interrogé sur les habits portés par son avatar, et qui ne correspondaient ni à la saison, ni à ceux qu'ils portaient lui. Eléments qui l'on déconcentré.

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