La réalité virtuelle n'étend pas nos réseaux, elle les renforce

Par 16 février 2009
Mots-clés : Smart city

Les participants à des univers numériques ne profitent pas de l'abolissement des distances : ils préfèrent interagir avec leurs voisins géographiques. Une leçon pour les multinationales ?

Malgré les nombreux membres répartis dans le monde, les joueurs du jeu massivement multi joueur EverQuest II n'étendent pas leur réseau social. Au contraire. Ils le constituent avec des participants qui partagent la même origine géographique. Pour le coordonnateur de l'étude, Nashir Contractor estime qu'un univers de ce type est "sous de nombreuses formes un microcosme de notre existence". L'étude montre qu'en sus de la faible appétence pour l'international, les gens jouent "souvent avec des personnes qu'ils connaissent déjà", ajoute-t-il.
Plus étendu mais plus proche
La preuve viendrait du fait que les joueurs habitant à moins de dix kilomètres les uns des autres ont cinq fois plus chance d'être partenaires que ceux qui habitent à cent kilomètres. Cela remet-il en question l'intérêt des réseaux sociaux, wiki et autres blogs dans les entreprises multinationales ? Interrogé à ce sujet par l'Atelier, Ludovic Dubost, PDG de Xwiki, rappelle tout d'abord que "la comparaison entre le monde des jeux vidéos et de l'entreprise est mal aisée". Pour lui, le monde de l'entreprise se focalise sur le travail. Les gens sont jugés sur leur capacité à travailler, pas à communiquer. Pourtant, il y a une similitude. "Ces outils web 2.0 s'insèrent dans le processus de travail, leur utilisation est plutôt locale".
En entreprise
Et d'ajouter : "Ils apportent une capitalisation du travail, la communication est une conséquence de cette technologie, pas un objectif". La proximité semble un atout pour la productivité des outils de travail de groupe. Ces derniers gardent pour autant des atouts supérieurs à ceux du simple courriel dans les cas de groupes de travail étendu. A noter que pour arriver à ce résultat, les chercheurs ont pu étudier 60 téraoctets de données issues du jeu. Grâce aux signatures laissées par sept mille joueurs ils ont pu identifier toutes les formes d'interactions et transactions qu'ils ont pu faire. Le chercheur estime que, du fait d'une puissance de calcul suffisante pour étudier ces réseaux, "il est possible d'explorer des théories sur les processus sociaux à une échelle jamais atteinte auparavant". 

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