Avec la réalité virtuelle, la réhabilitation devient un jeu

Par 24 avril 2008
Mots-clés : Smart city

Les différentes solutions existantes stimulent plus le patient que les exercices traditionnels. Leur emploi reste cependant encore confidentiel.

Virtuel ou réel, le cerveau ne fait pas la différence : il s’adapte à son contexte et interprète en fonction de son expérience. C'est en tout cas ce que l'on pouvait conclure après le Laval Virtuel. Plusieurs conférences ont en effet rappelé que l'organe réalise un équilibre entre ce qu’il considère comme virtuel ou au contraire comme réel. Les patients en général apprécient ces séances d’immersions dans une réalité virtuelle, car celles-ci - au lieu d’exercices d’entraînements classiques et parfois ennuyeux - les motivent, les amusent. Parmi les projets présentés à l'occasion du salon, cette expérience qui aide un patient tétraplégique à contrôler la manipulation d'un objet. Ce, en plaçant des électrodes dans son bras et en enregistrant ses réactions lors d'une partie du jeu Pacman. Autre intérêt de la réalité virtuelle : celui de rassurer. Le projet Argile, par exemple, vise à permettre à des personnes âgées de vérifier qu'elles sont toujours en état de conduire. Un module de simulation a été mis au point en mettant en scène un carrefour avec des situations plus ou moins complexes.
 

Des mises en situations moins angoissantes
Non seulement au bout de trois jours de tests, les volontaires avaient récupéré des réflexes et une plus grande précision, mais ils ont diminué leur appréhension à conduire dans la réalité. Et l'exemple marche aussi avec les phobies comme l'arachnophobie. Le système CAVE, un cube dont chaque face est un écran avec une vision en relief, propose de résoudre ce problème. Le patient se retrouve dans une pièce d’appartement, prêt à voir surgir une araignée à tout moment. Une des questions soulevées est l’industrialisation de ces outils. Aujourd’hui, de nombreux tests prouvant l’utilité de la réalité virtuelle dans bien des cas ont été réalisés : autisme, phobies, paralysie cérébrale, addiction, Alzheimer, troubles de l’équilibre, schizophrénie... En parallèle, le coût des matériels informatiques ne cesse de baisser.
 
Des outils qui demandent à s’industrialiser
Reste à savoir comment diffuser dans les cliniques ces applications, et quelle forme peut prendre cette diffusion à une échelle plus grande. Poussés par l’intérêt des nouvelles technologies, les seniors et les plus jeunes se retrouvent dans la vie quotidienne confrontés aux mêmes objets : Internet, email, distributeurs dans la rue... Toutefois, l’attrait des nouvelles technologies actuel dans le domaine de la santé fait que certains seniors par exemple ne sont pas conscients véritablement de la réalité entre ce qu’il est possible de faire et ce qui relève de la science fiction. Par ailleurs, certains vont préférer l’esthétisme au plan purement fonctionnel. Autre problème : savoir s'adapter aux moyens dont dispose vraiment le patient. L’exemple le plus marquant est celui d’un bédouin à qui l’on prescrit une chaise roulante électrique alors qu’il ne dispose que de deux heures d’électricité par jour...

Comment le cerveau interprète la réalité virtuelle?

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas