La recherche de vie extra-terrestre a toujours besoin du grid

Par 03 janvier 2008
Mots-clés : Smart city

Le projet radio astronomique SETI vient de voir ses capacités d'écoute de l'espace décuplées. Il exige cependant l'exploitation de ressources informatiques dispersées d'autant plus importantes.

La recherche de formes de vie extra-terrestres s'accélère et l'ordinateur de monsieur tout le monde est mis à contribution. Le projet scientifique SETI (Search for Extraterrestrial Intelligence), véritable dispositif d'écoute géant pointé vers l'espace, vient de voir les capacités d'analyse d'un de ses principaux radiotélescopes notablement améliorées. Conséquence : près de cinq cent fois plus de données radio astronomiques sont à traiter. SETI, qui s'appuie sur le principe de l'informatique distribuée (grid) nécessite désormais l'exploitation de ressources informatiques décuplées pour mener à bien ses travaux. Un effort que des centaines de milliers de contributeurs à travers le monde devront consentir par le biais de leur ordinateur personnel.
Contribution mondiale
Depuis son lancement en 1999, le projet a fait appel à la mémoire informatique inutilisée de près de 170 000 volontaires, pour un total de 320 000 systèmes informatiques liés par une unique et même fonction de supercalcul. Une contribution mondiale organisée à travers l'initiative SETI@home. D'après Eric Korpela, chercheur impliqué dans le projet, la quantité de données supplémentaire à prendre en charge est de l'ordre de 300 gigabytes chaque jour, soit 100 terabytes par an. "C'est pourquoi nous avons besoin d'un maximum de volontaires", déclare-t-il. Et d'ajouter : "tout un chacun a l'opportunité de participer à l'un des projets scientifiques les plus participatif de l'histoire". Dans ce cadre, une version améliorée du logiciel SETI@home est proposée en ligne aux personnes souhaitant participer au projet.
L'informatique distribuée en question
L'exemple de SETI illustre les limites des technologies informatiques actuelles. Des technologies qui ne semblent pas toujours en mesure de répondre aux besoins, scientifiques dans ce cas précis. La technique du calcul distribué via les grilles informatiques présente ici des contingences d'ordre matériel : celles de la quantité d'ordinateurs et de ressources informatiques disponibles. Si les projets de grande envergure s'appuyant sur ces moyens de calculs se multiplient à l'image des initiatives prises en charge via la plate-forme BOINC (Berkeley Open Infrastructure for Network Computing), la question de la disponibilité de ces ressources est posée. "Quarante deux projets fonctionnent désormais sur BOINC, et, jusqu'à maintenant, nous avions assez de puissance informatique pour les mener à bien", conclut Dan Werthimer chercheur en chef pour SETI.
Julien François

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