Les recherches en m-santé doivent continuer à se diversifier

Par 06 juin 2013
m-santé

L'augmentation du nombre d'articles sur la m-santé durant la dernière décennie indique un intérêt croissant sur le sujet. Une revue de cette littérature spécifique a été menée en particulier sur l'impact des technologies mobiles dans les soins de santé.

La m-santé a connu sa première décennie, durant laquelle de nouvelles méthodes ont été appliquées sur le terrain ; et tandis que la majorité des études étaient des études pilotes (44%) ou des essais cliniques (50%), de nouvelles approches ont été introduites. Des chercheurs suisses ont alors répertorié des études de m-santé pour identifier les principaux domaines de la prestation de soins de santé où les technologies mobiles peuvent avoir un impact. Après un regroupement par catégories, il est clair que la recherche en m-santé se tourne principalement vers les maladies chroniques (74 études), suivie par la prévention et le bien-être (22 études) et les symptômes aigus (21 études)*. Dans le même temps, les échantillons utilisés dans ces études ont augmenté, rendant l’évaluation plus fiable. Les nouvelles technologies les plus avancées ont été testées, mais le potentiel des smartphones ne semble pas avoir encore été pleinement exploité.

Revues médicales vs. revues technologiques

Au cours de la première moitié de la décennie observée, la plupart des articles a été publiée dans des revues médicales (52%) et technologiques (44%). Les 4% restants ont été publiés dans des revues uniquement axées sur la technologie. Dans la seconde moitié, la part des articles publiés dans des revues médicales est passée de 52% à 60%. En ce qui concerne les objectifs de ces articles, l'évaluation de la technologie elle-même (35%) et de son impact sur la santé (43%) dominent les cinq premières années. Dans la seconde moitié, cependant, l'intérêt s’est clairement déplacé vers l'évaluation de l'impact des technologies mobiles sur la santé (73%). Une majorité des articles concernait aussi la promotion de la santé (38%), l'auto-gestion (33%), mais aussi la communication (22%), la surveillance à distance (21%), la collecte de données (21%), l'amélioration de l'observance (20%), et la formation / éducation (13%).

Exploiter davantage les technologies mobiles

Car si la majorité des études s’intéressent aux fonctions de base du téléphone mobile de base (par exemple, la messagerie texte), seules quelques-unes ont évalué l'impact des applications smartphone. Et même si ces résultats sont encourageants, ils mettent en évidence certaines lacunes sur lesquelles la recherche future devrait se pencher. Jusqu'à présent, l’accent a été mis sur les maladies chroniques, à l’instar de la e-santé. Toutefois, il serait aussi souhaitable d'explorer l'impact de la santé mobile pour les affections aiguës puisqu’en raison de leur capacité de communication sans fil, les téléphones mobiles permettent de répondre en temps réel aux besoins spécifiques des patients souffrant de pathologies aiguës. Et si l'intérêt de la recherche en santé mobile est en croissance et se diversifie, les chercheurs recommandent tout de même d'exploiter pleinement le potentiel des technologies, en particulier celui des smartphones.

 

* L'échantillon final était composé de 117 articles publiés entre 2002 et 2012 dans 77 revues différentes.

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