Le recrutement sur réseau fait peu évoluer les lois

Par 24 août 2009 1 commentaire
Mots-clés : Smart city, Europe

Entreprises et postulants sont de plus en plus tentés de recourir aux réseaux sociaux dans le cadre d'une embauche. Les possibilités offertes ne sont pas sans limite juridique... en théorie.

Près d'un quart des cadres recruteurs étudient le profil de leurs candidats en utilisant des réseaux sociaux, d’après un sondage réalisé par CareerBuilder. L’augmentation de leur utilisation dans le processus de recrutement, à la fois par les entreprises et par les candidats, ne doit pas faire oublier qu’il existe un cadre légal, comme le rappelle une étude de l’agence PeopleClick. "Le cadre juridique est le même que pour un recrutement classique et se base sur le code du travail", explique à l’Atelier Maître Olivier Iteanu, fondateur du cabinet qui porte son nom. "Comme pour tous les services en ligne il y a en plus les usages régis par la CNIL*".  La loi contre la discrimination et pour l’égalité des chances fixe très bien les règles, et un recruteur ne doit baser son choix que sur des critères en lien avec le poste en question.
Les recruteurs dans une position ambivalente
L’utilisation des réseaux sociaux pose dès lors quantité de questions. Elle donne en effet accès à bon nombre d’informations auxquelles un employeur n’est pas censé se référer. "Le recruteur est dans une position schizophrénique", commente pour l’Atelier Jacques Froissant, fondateur d’Altaïde, "il accède à de plus en plus d’informations personnelles qu’il se doit d’ignorer. C’est vrai qu’il faut une éthique forte". Ces limites restent tout de même très théoriques puisqu’il est difficile de prouver sur quels critères un recruteur a basé son choix. Rien n’oblige en France une entreprise à motiver son refus. Reste aux candidats à faire preuve de prudence dans les informations qu’ils diffusent en ligne. Cette prise de conscience est déjà en cours, et l'on ne trouve pratiquement plus de profils en accès libre.
Les limites à ne pas dépasser
Dès lors, les entreprises pourraient être tentées de se faire passer pour un autre afin d’accéder à la mine d’informations que constituent les réseaux sociaux. Mais Olivier Iteanu les met en garde : "Tout ce qui tient de la manipulation de ce type est évidemment interdit. On est même à la limite du pénal". Il rappelle également que les candidats aussi ont des devoirs dans leur existence numérique. "Quel que soit le support, papier ou électronique, mentir sur son CV, ses expériences ou ses compétences est un motif de licenciement". D’un point de vue éthique, l’utilisation exclusive des réseaux sociaux pose également des questions. Une étude rappelait récemment que les réseaux sociaux étaient plus répandus dans les classes moyennes et supérieures, et évidemment, chez les plus jeunes. De toute façon et comme le rappelle Jacques Froissant, "les réseaux sociaux ne sont qu’une possibilité supplémentaire de discriminer, parmi d’autres souvent bien plus efficaces".
* Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés

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1 Commentaire

Dans l'absolu, un recruteur ne devrait consulter de telles informations que si elles lui ont été communiquées par le candidat ("pour plus d'infos, voir ma page xxxx"). "Googler" un candidat à son insu n'est pas très éthique... Nous recommandons aux recruteurs de s'abstenir de ces démarches, et de le faire savoir aux candidats dans une démarche de confiance mutuelle.

Soumis par Frédéric Thu (non vérifié) - le 26 août 2009 à 14h44

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