Réduire le fossé numérique demande des investissements publics soutenus

Par 17 décembre 2008
Mots-clés : Smart city, Europe

La seule baisse du prix des ordinateurs et des connexions ne suffira pas à généraliser l'usage des nouvelles technologies. Les gouvernements doivent également mettre en place des politiques plus volontaristes.

Comment résorber le fossé numérique en Europe ? C'est à cette question que tente de répondre The Economist Intelligence Unit dans son dernier rapport. Principal constat : s'il est vrai que le prix des ordinateurs et des abonnements à Internet n'a cessé de baisser ces dernières années, il serait déraisonnable de la part des pouvoirs publics de compter sur ce seul phénomène pour réduire l'écart entre hyper et hypo-connectés . Les gouvernements doivent au contraire adopter des démarches proactives d'accompagnement des diverses populations concernées. Il s'agit des personnes âgées bien sûr, mais aussi des chômeurs, des handicapés, et même des femmes ou des étudiants dans certains cas. Il faut d'abord identifier les besoins réels que les nouvelles technologies comblent dans chacun de ces groupes. "La meilleure des techniques n'est rien si elle ne répond pas à une véritable attente", commente Terry Ernest-Jones, l'auteur du rapport.
Populariser les bienfaits du web et enseigner sa pratique
Cela dit, les populations ne sont pas toujours conscientes des bénéfices qu'elles pourraient tirer d'Internet. Pour les éclairer, un véritable travail de sensibilisation et de communication doit donc également être fait de la part des gouvernements. Nombre de personnes âgées ignorent par exemple que l'utilisation d'une messagerie électronique leur permettrait de rompre leur solitude en communiquant plus facilement, ou encore que la télémédecine peut constituer un bon gage de suivi médical. Autre exemple : les chômeurs ne se sont pas forcements au fait qu'une part croissante des annonces d'emplois sont désormais en ligne. Le rapport note qu'il faut donc non seulement populariser les bienfaits du web mais aussi éduquer les personnes à son utilisation. D'où des programmes tels que "l'Internet accompagné" en France.
Problèmes de financement
Bien sûr, le nerf de la guerre réside dans les problèmes de financement. Financement pour développer des infrastructures réseaux dignes de ce nom, y compris dans les régions rurales ou éloignées peu rentables pour les opérateurs. Mais aussi financement pour que chacun dispose d'un PC et d'un abonnement Internet. "À quoi bon enseigner à des personnes les bienfaits du Web s'ils ne peuvent y accéder qu'avec difficulté". Si les projets dits d'e-inclusion coûtent cher, le rapport cite cependant un certain nombre d'initiatives remarquables du point de vue de l'origine de leurs fonds. Ainsi, au Portugal, l'argent récolté suite à l'allocation de spectre pour la téléphonie 3G a été réutilisé dans un projet national de réduction de la fracture numérique. "On ne peut de toute façon pas faire l'impasse sur la fracture numérique. Le fait de pouvoir garantir à chacun l'égalité des chances passe plus que jamais par Internet".

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