La réflexion sur la société numérique doit intégrer les citoyens

Par 28 avril 2010
Mots-clés : Amérique du Nord

Les experts ne doivent pas mener seuls les travaux sur l'impact sociétal des NTIC, selon le fondateur du Loka Institute. Dans ce sens, il propose la mise en place d'une institution qui combine professionnels et grand public.

Les rapports qui concernent l'impact des nouvelles technologies sur la société ne peuvent être le fruit d'un simple travail d'experts, dissocié de toute collaboration citoyenne, explique Richard Sclove - fondateur du Loka Institute et spécialiste de l'e-démocratie - dans une étude*. Pour cette raison, il recommande la création d'une institution dédiée à la réflexion sur les questions de société de l'ère numérique, baptisé ECAST (pour Expert & Assessment of Science & Technology). Le but ? Associer les citoyens aux travaux des chercheurs spécialisés, sur les thèmes de la Science et des Technologies de l'information et de la communication. "L'idée, c'est de faire émerger une vraie discussion publique, pour aborder les enjeux publics qui sont soulevés aujourd'hui par les technologies innovantes", explique Richard Sclove, contacté par L'Atelier.
Inclure l'ensemble de la société
Selon lui, au-delà des raisons éthiques qui poussent à cette collaboration - les citoyens sont les premiers concernés par ces sujets, aussi doivent-ils être associés - les processus d'intelligence collective ont l'avantage de faire émerger des idées originales. Et permettent d'inclure l'ensemble de la société dans une démarche globale. Avec un point important : la séparation traditionnelle experts/citoyens ne prévaut plus. "Lors des discussions organisées, les participants peuvent être séparés en trois groupes", précise à L'Atelier le chercheur. D'abord les spécialistes, "c'est-à-dire souvent ceux qui possèdent un PHD", ironise-t-il. Puis les personnes qui connaissent bien les nouvelles technologies, et qui possèdent indiscutablement une expertise sur ces questions.
Le panel de participants doit être représentatif de la population
Et enfin un groupe de personnes moins directement au fait des dernières innovations, mais également concerné par ces sujets. "Le panel de participants doit être le plus représentatif possible de la population", développe le spécialiste. "Sinon, le résultat s'en trouve faussé, et la démarche en elle-même ne rime plus à grand-chose". L'étude précisant qu'une institution non partisane doit veiller à la neutralité des échanges, en s'assurant que le processus est bien démocratique, notamment dans la sélection des participants. A noter : plusieurs partenaires se sont d'ores et déjà associés au projet : comme le centre Wilson pour la Science et les Technologies de l'innovation, le Muséum des Sciences de Boston, ou encore l'université d'Arizona et le ScienceCheerleader.
* "Reinventing Technology Assessment"

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