Régresser, c'est innover (enfin un peu)

Par 25 septembre 2008

Alors oui, L'Atelier vous parle de puces RFID qui géolocalisent tout chez vous, de TV/PC postes de pilotage des contenus multimédias, de capteurs nanoscopiques, de robots, de haut débit. C'est donc cela innover ? Et bien oui et non comme pourrait le dire un Dieppois. Si vous innovez et que personne n'a besoin de votre produit, ou que personne ne peut se le payer, cela ne sert à rien. C'est pour cela, tel Dominique Piotet distribuant des Lutèce d'Or sous un pingouin et sous les applaudissements d'Alexandre Zapolsky de Linagora (qui s'il me lit, doit savoir qu'il me doit toujours une chronique), que je décerne mon Opéra d'or à LocalNet. LocalNet, si tu me lis via Google Translator, je te salue.

Que fais donc LocalNet ? Il vend de l'accès Internet comme au bon vieux temps. C'est-à-dire avec des lignes téléphoniques normales, sans DSL dedans, avec des débits accélérés par logiciels, et surtout, pour un prix défiant toute concurrence : 9,95 dollars par mois. Enfin 12,95 si vous voulez du débit accéléré correct. C'est un peu à Internet ce que la carte prépayée est au forfait mobile illimité. Et pourquoi innovent-ils ? Ils innovent car ils s'adaptent - en tous cas c'est leur discours - au pouvoir d'achat de leur public, les Américains. David Kaplan, qui est directeur opérationnel de la boîte, le dit : "With everyone forced to take a closer look at all of their expenses, Internet access is one place they can save money but still enjoy reliable and affordable service by using dial-up". Et cela semble fonctionner, commercialement parlant : leur base d'abonnés aurait connu une croissance annuelle de 150 % depuis les quatre dernières années.

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