Reprise du capital risque en Californie : mise au jour de quatre nouvelles levées de fonds

Par 05 mars 2004

Sur la côte Ouest, le capital risque a retrouvé un dynamisme depuis l'an passé. Mais tous les secteurs ne sont pas financés. Michel Ktitareff nous livre ici quatre secteurs clefs...

Sur la côte Ouest, le capital risque a retrouvé un dynamisme depuis l’an passé. Mais tous les secteurs ne sont pas financés. Michel Ktitareff nous livre ici quatre secteurs clefs au sein desquels les levées de fonds ont été fructueuses : optimisation du Wifi, routeurs multifonction, nouvelle pile rendant plus autonome les ordinateurs portables, énergie solaire efficace… Quatre secteurs à suivre. >Pour en savoir plusVivato : la portée élargie du Wifi Le Joint Venture Silicon Valley Network (JVSVN), un de ces principaux groupes de réflexion locaux, vient de rendre public un rapport qui encourage les investisseurs à se lancer dans le financement d’un nouveau cycle d’innovations. Intitulé « Building the next Silicon Valley : Strategy and Action », ce rapport décrit différents domaines scientifiques dans lesquels la Silicon Valley pourrait jouer un rôle prépondérant dans les années qui viennent. L’un des domaines dans lesquels l’argent coule à nouveau à flots est celui des communications sans fil, particulièrement de la norme wi-fi. Le cabinet FierceWireless estime que, dans les deux prochaines années, un milliard de dollars sera investi par le capital-risque américain dans ces nouveaux modes d’accès.En juin dernier, Vivato, une jeune pousse de San Francisco, a bénéficié d’un apport de 44,5 millions de dollars – un montant presque oublié dans les high tech depuis deux ans – parce qu’elle a développé une technologie qui consiste à relier des bornes wi-fi grâce à des antennes, et de couvrir ainsi une zone de plusieurs kilomètres carrés pour un coût très faible, tout en garantissant aux utilisateurs la qualité du débit. Vivato a assuré avoir refusé des propositions d’autres investisseurs qui voulaient élargir encore son tour de table. A peu près en même temps que Vivato recevait ses 44,5 millions de dollars, l’un de ses principaux concurrents dans la Silicon Valley, Trapeze Networks, en obtenait 34 qui s’ajoutaient aux 16 millions reçus un an plus tôt, lors de son lancement. La start-up a aussi le vent en poupe : sa technologie consiste à intégrer les réseaux wi-fi sans fil aux réseaux filaires existants des entreprises.Procket Networks : des routeurs multifonctionsD’une façon générale, ce sont toutes les technologies liées aux réseaux qui attirent de nouveau l’attention des financeurs. Ainsi, Procket Networks, lancée dans la Silicon Valley il y a quatre ans déjà, afin de concurrencer Cisco sur le marché des équipements de réseau pour Internet, est en train de réunir une quarantaine de millions de dollars pour poursuivre son développement. Cette société de Milpitas, au sud de la Silicon Valley, est dirigée par quelques-uns des meilleurs spécialistes américains des routeurs. Parmi eux, le responsable technique, Tony Li, qui travaillait auparavant chez Cisco et Juniper Networks, les deux firmes californiennes aujourd’hui dominantes sur ce marché. « Il pourrait vendre des routeurs sur son seul nom », affirme Sam Wilson, analyste de JMP Securities. Après plusieurs années de développement – au cours desquelles elle a déjà levé 272 millions de dollars – Procket a commercialisé ses premiers équipements récemment. L’originalité de ses routeurs vient de ce qu’ils fonctionnent comme de véritables ordinateurs, dotés de micro-processeurs et d’un système d’exploitation spécifiques, capables de gérer simultanément un plus grand nombre de fonctions d’administration de réseau que les matériels concurrents. En outre, selon la direction, leur conception tout à fait nouvelle leur permet d’être entre 30 et 60 % moins chers.Malgré tout cela, ce marché a été particulièrement touché depuis la crise de l’Internet : en 2002, il s’est contracté de 50 % par rapport à l’année précédente, les entreprises ayant revu à la baisse leurs projets. Alors que les analystes prévoient qu’il repartira l’année prochaine avec la confirmation de la reprise économique aux Etats-Unis, Procket a donc encore besoin d’aide financière pour l’aider à imposer ses nouvelles technologies. Aide que les investisseurs semblent prêts à lui apporter. « Le temps des seules idées brillantes est passé. Aujourd’hui, l’heure est à la véritable innovation technologique, celle qui apporte réellement quelque chose d’utile », explique Guy Kawasaki, le fondateur de Garage.com. Ancien cadre d’Apple reconverti dans le capital-risque, cette célébrité de la Silicon Valley finance aujourd’hui, dès leur lancement, les start-up les plus innovantes de la région. Pour les détecter, Guy Kawasaki a une recette : « Si je comprends trop vite le principe de la technologie que l’on m’explique, je ne la finance pas », assure-t-il, histoire de bien faire comprendre qu’il recherche réellement des idées nouvelles et non pas le prolongement de technologies existantes.Polyfuel : 10 heures d’autonomie pour les ordinateurs portables… dès 2005 !PolyFuel est une jeune entreprise qui a mis au point une membrane spéciale destinée aux piles à combustible utilisant le méthanol. Celles-ci devraient bientôt remplacer les piles au cadmium qui équipent aujourd’hui la plupart des terminaux électroniques et informatiques portables, y compris les micro-ordinateurs. Avec son principal concurrent, MTI, ces deux start-up sont, aux Etats-Unis, à l’avant-garde d’une révolution technologique. Fabriquées en série par les industriels, notamment japonais, de l’électronique de loisir, ces piles offriront une autonomie insoupçonnée par rapport aux standards actuels. Toshiba évoque une dizaine d’heures d’autonomie pour un micro-ordinateur portable qui pourrait arriver sur le marché dès 2005. « Notre technologie est le fruit d’un programme scientifique mené pendant quatorze années au sein du laboratoire de recherche de l’université de Stanford (SRI)», explique Jim Balcom, PDG de PolyFuel. Pour achever ce développement, le projet s’est transformé en une start-up qui s’est installée à proximité du SRI, à Menlo Park et a reçu depuis 16,5 millions de dollars de divers investisseurs, convaincus de l’intérêt présenté par la nouvelle membrane de PolyFuel. Energie solaire & nanotechnologieA l’évidence, les start-up spécialisées dans les énergies nouvelles figurent aussi tout à fait en haut de la liste des firmes prioritaires en matière de financement. Récemment, Nanosys, à Palo Alto, a reçu plus de 30 millions de dollars pour développer de nouvelles cellules solaires conçues à base de nanotechnologies. « Les nanotechnologies permettent d’imaginer des produits qui auront des performances extraordinaires, ce qui créera de nouveaux marchés et aidera des entreprises nouvelles à se développer rapidement », assure Steve Jurvetson, l’un des responsables d’une des principales firmes de capital-risque de la Silicon Valley, Draper Fisher Jurvetson, très impliquée dans les nanotechnologies. De fait, les cellules photovoltaïques de Nanosys devraient être capables de produire de l’électricité à partir de l’énergie solaire pour un coût équivalent à celui des énergies fossiles (pétrole, charbon, etc.). L’un des concurrents de Nanosys, NanoSolar, financé également par de grands capital-risqueurs locaux, comme Benchmark Capital, promet de commercialiser ses nouvelles piles solaires avant que Nanosys ne mette les siennes sur le marché, c’est-à-dire d’ici à deux ans.Michel Ktitareff, pour l’Atelier BNP ParibasPour plus d’infos sur la côte Ouest : cliquer ici

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas