La reprise de l'industrie mondiale se veut portée par l’innovation et le client

Par 18 février 2014
Monde_L'Atelier

Si certaines différences existent entre les différents secteurs, le secteur industriel, et particulièrement automobile, retail et écosystème de soin devrait enregistrer des chiffres encourageants dans les pays les plus développés.

Serions-nous enfin en passe de sortir du marasme économique? C'est ce que semble avancer le rapport annuel réalisée par The Economist Intelligent Unit sur l'état de l'industrie en 2014. L’entreprise indique ainsi pour les principaux secteurs de l'économie industrielle un horizon plutôt favorable dans les mois qui viennent avec un redressement du secteur industriel dans les pays développés porté par le secteur automobile, le développement du retail et le point de vue adopté par la réglementation américaine concernant les écosystèmes de soin. Plus encore que l'amélioration générale du niveau de confiance des consommateurs, ce sont les facteurs de reprise qui s'avèrent intéressant. Dans ces trois sous-secteurs en particulier, c'est ainsi l'innovation qui conduit la reprise, offrant aussi bien des produits plus proches des clients, plus unique, qu'une réduction graduelle des prix grâce aux économies d'échelle.

Marchés émergents, quel produit pour quel client?

Cette politique d'innovation, si elle peut s'avérer particulièrement utile pour le renouvellement de produit dans les économies matures, s'incarne avant tout dans l'approche de nouveaux marchés. Dans le secteur automobile par exemple, l'accord entre PSA Peugeot Citroën et Dongfeng Motor of China pourrait permettre la pénétration du marché par les produits français. Plus largement, c'est une nouvelle politique d'offre que semblent suivre les entreprises exportatrices. Plutôt que de proposer un produit peu cher mais bas de gamme, il s'agit de répondre aux attentes des consommateurs en termes de reconnaissance sociale de l'achat. Ainsi, les nouveaux modèles à destination des pays émergents semblent avoir abandonné le design minimaliste pour se réinscrire dans l'image de la marque. Déclinée dans l'automobile, cette dynamique de rapprochement des attentes client se retrouve également dans l'essor du retail. Dans la continuité des investissements de WalMart en Afrique du Sud et de Carrefour en Afrique de l'Ouest, la croissance des classes moyennes des marchés émergents se couple avec une demande de produit de qualité. Les prévisions pour la Chine font ainsi état d'une augmentation de 9% de la demande, grâce au développement du e-commerce et de l'affirmation d'une classe moyenne forte dans les régions intérieures. Or, c'est justement le e-commerce et les différentes utilisations et centralisations de données consommateurs qui s'avèrent cruciaux dans l'approche de ces marchés. On retrouve enfin cette même dimension dans l'industrie de santé. Après l'exemple américain, Chine, Inde et Brésil entendent libéraliser en partie le marché du médicament en 2014, voire même développer des systèmes de sécurité sociale plus avancés, ouvrant la voie à la création de nouveaux marchés pour les sociétés occidentales.

Data, data, data

Ces différents exemples se retrouvent tous sur un même point, à savoir une transition dans l'approche du client. Grâce à des données de plus en plus nombreuses et accessibles, mais surtout à des logiciels analytiques, de plus en plus utiles, il semble que certaines entreprises occidentales réussissent à sortir du développement ethnocentré. Plutôt qu'une approche systématique, d'une tentative de transposition d'un marché à l'autre, la tendance semble être à la personnalisation de l'approche client. Que ce soit dans les pays développés la création de concepts stores dans le secteur du retail ou dans les pays émergents une approche plus nuancée entre qualité et prix du produit, la quantité d'informations disponibles ne permet plus de penser le consommateur mais bien, à l'image des prédictions offertes par le journal britannique, les consommateurs.

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