République 2.0: Michel Rocard formule 94 propositions pour le développement du numérique

Par 10 avril 2007
Mots-clés : Europe

Et si le développement du numérique devenait un des enjeux de la campagne présidentielle? Après les 15 propositions soumises aux candidats par le groupe de réflexion "Renaissance numérique", c'est au tour de Michel Rocard de formuler ses...

Et si le développement du numérique devenait un des enjeux de la campagne présidentielle? Après les 15 propositions soumises aux candidats par le groupe de réflexion "Renaissance numérique", c'est au tour de Michel Rocard de formuler ses hypothèses. L'ancien Premier ministre de François Mitterrand a remis le 5 avril à la candidate socialiste Ségolène Royal un rapport intitulé République 2.0. Vers une société de la connaissance ouverte. Objectif de ce document découpé en 94 propositions: favoriser le développement des technologies numériques au niveau culturel, économique, éducatif ou encore juridique. Panorama.
 
Pour Michel Rocard, "les technologies numériques et Internet ouvrent un extraordinaire espace de libertés". C'est pourquoi il est nécessaire de développer et de maîtriser des technologies qui "augmentent les capacités d'expression et d'action des individus et des groupes". Pour les valoriser, il propose de "mutualiser le financement de la production des connaissances, de la création et de l'innovation" par le biais de plusieurs modes comme le financement par l'impôt pour les activités du domaine public ou les licences légales.
 
Autre impératif : le développement économique des technologies numériques. Michel Rocard, qui estime que la France peine encore à trouver sa place, souhaite "investir massivement dans l'innovation et la recherche" et créer "un écosystème favorable" basé sur une aide aux PME et aux nouveaux acteurs. Michel Rocard encourage les logiques de type Business Angels et l'adaptation des dispositifs de type Small Business Investment Companies en France. Le potentiel des pôles de compétitivité et des universités doit également être mieux pris en compte.
 
En ce qui concerne la culture, le politique estime que le numérique bouscule "les règles et les situations", mais représente également une grande chance. Pour ériger un nouvel écosystème numérique de la culture, Michel Rocard encourage la préservation de l'existence de plusieurs modes de financement différents et souhaite, tout en garantissant la sécurité juridique des échanges, "fluidifier la gestion des droits". Il envisage également un réexamen de la loi DADVSI, qui, selon lui, n'a pas permis une meilleure rémunération des artistes et un déséquilibre les droits. En effet, les internautes qui téléchargent légalement sont confrontés à des mesures de protection trop restrictives.
 
Enfin, la question de la fracture numérique et de sa diminution s'impose pour Michel Rocard comme l'un des chantiers majeurs du développement du numérique. Son objectif est simple: connecter d'ici 5 ans 75% de la population à Internet. Pour y parvenir, il propose plusieurs mesures, comme la création d'un tarif social de l'accès très haut débit à 5 euros par mois, qui permettra d'envisager la fibre optique sans créer une nouvelle fracture, l'instauration d'une fiscalité spécifique pour favoriser la donation d'ordinateurs, ou encore l'élargissement à 100 000 étudiants de l'opération micro-portable étudiant.
 
Le politique dessine de nombreuses autres pistes, comme la création d'une Délégation interministérielle aux technologies numériques pour une meilleure coordination des projets ou une meilleure insertion de l'informatique dans les services publics.
 
La candidate socialiste, et, par extension, les autres prétendants, tiendront-ils compte de ces propositions?

Mathilde Cristiani pour L'Atelier
 

(Atelier groupe BNP Paribas – 10/04/2007)

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