La République des branchés, pas de doute, c'est la Finlande. Dans la vie

Par 11 août 1997
Mots-clés : Smart city, Europe

quotidienne des Finlandais, les nouvelles technologies de l'information (1,5 million de téléphones portables, autant d'ordinateurs personnels) occupent une place très importante. Alors qu'ils ne son...

quotidienne des Finlandais, les nouvelles technologies de l'information
(1,5 million de téléphones portables, autant d'ordinateurs personnels)
occupent une place très importante. Alors qu'ils ne sont que 4,3 % en
France à utiliser un combiné mobile, ils sont 30 % des 5,1 millions
d'habitants à le faire en Finlande. Ils sont 25 % contre moins de 9 % en
France à posséder un micro-ordinateur. Record mondial, presque 6 % des
Finlandais se connectent chaque jour à Internet. Selon le sociologue Mika
Pantzar "les technologies de communication électronique ne sont pas
ressenties comme un luxe en Finlande, mais comme une nécessité du fait des
distances géographiques et du climat. Les conditions naturelles ont
toujours favorisé le développement des télécommunications. La structure
sociale du pays constitue une autre explication. Les différences de
classes sont très peu marquées chez nous. La technologie n'est pas
réservée à une élite. Au contraire toute le monde peut se l'approprier".
De plus, depuis la libéralisation des télécoms au milieu des années 80,
les tarifs sont restés attractifs. A partir d'un téléphone mobile, la
minute de communication est l'une des moins chères du monde, le matériel
lui affiche des prix inférieurs de 20 à 30 % à ceux pratiqués en France.
Le suréquipement des Finlandais en matière de portables s'explique non
seulement par la couverture exhaustive du pays, y compris de la Laponie du
Nord, mais aussi par des formalités d'ouverture de ligne simples et très
rapides. Au début des années 90, les autorités ont mis en place un
programme des établissements scolaires et universitaires, des libraires
publiques et des administrations permettant à la population de se brancher
sur Internet entièrement gratuitement. 80 % des entreprises qui se sont
connectées en masse disposent de leur propre site. Un nombre croissant de
transactions commerciales et bancaires s'effectuent directement sur le
web. Les syndicats et les partis politiques assurent même des permanences
électroniques, certains se déclarant favorable, à l'occasion de la
prochaine élection présidentielle, au vote électronique sur Internet.
Comme le remarque Kim Weckström, ancien professeur d'université reconverti
en consultant multimédia "De toute façon, l'Internet constitue déjà un
espace politique. Il a même donné naissance à une nouvelle forme de
société : celle du "Nettoyen" un individu qui exerce sa citoyenneté sur le
Net". Dès la fin des années 80, le secteur privé s'est engouffré dans ce
marché très porteur, comme le prouve la réussite exceptionnelle de Nokia.
Aujourd'hui près de 16 000 entreprises travaillent dans le secteur des
nouvelles technologies et la moitié de la population active occupe un
emploi en rapport avec elles. En 1996, le marché a représenté au total un
chiffre d'affaires de 117 milliards de FIM environ (140 milliards de F). A
l'automne prochain, Telecom Finbland et le Centre finlandais pour le
développement technologique lancent la première chaîne de télé interactive
en Finlande permettant l'accès à l'Internet à partir du réseau câblé,
réseau auquel près de 34 % des foyers sont déjà abonnés. N'ayant pas pour
autant abandonné les médias traditionnels, les Finlandais leur consacrent
aujourd'hui,7 heures et 41 minutes par jour "Internet est un complément
aux médias traditionnels, pas un concurrent".
Peut-être que le modèle finlandais préfigure de ce que seront les sociétés
développées du prochain millénaire.
(Le Figaro - 12/08/1997)

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