Réputation personnelle sur les réseaux sociaux : les cas Spanghero et Hadopi

Par 21 janvier 2014
Reputation War

Attaqués sur les réseaux sociaux, Philliphe Spanghero et Eric Walter ont choisi de s’insérer directement dans le débat, offrant aux internautes de réels interlocuteurs.

Si la gestion de la réputation des entreprises sur les réseaux sociaux est devenue une composante structurelle de toute stratégie de communication correcte, qu'en est-il de l'impact de l'entreprise sur la réputation personnelle ? C'est la question qui a été posée dans le cadre du colloque Reputation War à Philippe Spanghero, et Eric Walter, secrétaire général d'Hadopi, directement touchés dans leurs réputations personnelles par des crises médiatiques. Entre scandale de la viande chevaline et tollé des internautes envers Hadopi, Messieurs Spanghero et Walter, ont su, en existant personnellement sur les réseaux sociaux, soit se séparer, soit sensibiliser, sur les institutions auxquelles ils étaient associés. Et ainsi rétablir une réputation réellement personnelle. Si les membres de sa famille n’y travaillaient plus depuis longtemps déjà, l’éclatement de l’affaire Spanghero a porté un coup direct à la réputation de la famille. Pour répondre à ces accusations personnelles et familiales, Philippe Spanghero a ainsi choisi de s'exprimer au travers des réseaux sociaux pour protéger son nom. Eric Walter, Secrétaire Général de l'Hadopi a lui cherché dès sa nomination à discuter avec une communauté d'internautes lui étant pour le moins hostile.

L'incarnation d'une institution : de la personne morale à la personne physique

Malgré une certaine familiarité avec les réseaux sociaux, ceux-ci se sont cependant rapidement retrouvés en butte à une réaction forte des internautes. De fait anonymat et immédiateté ont ainsi permis aux internautes d'exercer un véritable exercice cathartique. Exercice qui dans ces conditions polémiques particulièrement sensibles a pu tourner à un déchaînement de violence gratuite. Cette entrée sur les réseaux sociaux, et ici plus particulièrement Twitter, découlait cependant d'une volonté forte de la part de M. Spanghero et Walter. Le premier nous a ainsi indiqué que "[sa] crainte était, devant le fait de voir les réseaux sociaux rapidement impliqués dans la couverture médiatique, de [se] laisser déposséder de l'information.", processus qu'a de même suivi Eric Walter, "Je venais pour expliquer en mon nom le fonctionnement de l'institution, et je me suis retrouvé devant une certaine vague d'aggressivité qui s'est calmée peu à peu." Ce qu'Eric Walter évoque avec humour comme le "bizutage des réseaux sociaux" est cependant l'écueil principal devant lequel l'exercice de communication personnelle, notamment dans l'approche de la réputation, peut se retrouver bloqué. De fait, à la différence des médias traditionnels, les réseaux sociaux demandent et offrent un échange constant, plus souple, mais aussi dirigé plus directement vers le public, ce qui rend l'exercice particulièrement chronophage et ardu.
 

Cible et interlocuteur

Si nous parlons de ces exemples c'est malgré tout parce que ceux ci ont été des réussites. Si l'entrée est difficile puisqu'elle permet des attaques personnelles, c'est de même la personnalisation du propos qui offre une légitimité et une reconnaissance plus importante de la part des internautes. Philippe Spanghero avance ainsi son étonnement devant la création très rapide d'une microcommmuauté extrêmement protectrice de l'ancien rugbyman, permettant à celui-ci de se concentrer sur l'échange d'informations plutôt que de s'enfermer dans la polémique stérile. "J'ai été surpris de l'impact qu'avait eu notre premier tweet retweeté 400 fois, notamment dans la façon dont cette information est passée des réseaux sociaux vers les médias traditionnels grâce aux followers." De même si Eric Walter a fini, pour des raisons de réserve publique, par créer un compte personnel différencié de l'Hadopi, celui-ci admet volontiers que l'impact en a été formateur. "J'ai pu entrer en communication et petit à petit gagner sinon l'approbation du moins le respect de mes plus violents détracteurs et ainsi engager un dialogue réellement créateur." Celui-ci indique ainsi que "A travers ma communication personnelle ce n'est pas seulement ma compréhension des problématiques qui a évolué, mais aussi notre mode de fonctionnement à Hadopi, que ce soit dans les réformes effectuées mais aussi dans les habitudes de travail de mes collaborateurs qui n'hésitent pas à tweeter et à s'engager personnellement sur le sujet."
 
  Eric Walter Philippe Spanghero

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