Sur les réseaux collaboratifs, pas de confiance sans choix

Par 06 septembre 2010
Mots-clés : Digital Working, Europe

Plus les professionnels présents sur une même plate-forme en ligne sont libres de sélectionner leurs collaborateurs, plus francs seront leurs rapports futurs. Certains acteurs centraux facilitent néanmoins les échanges.

Pour favoriser la coopération sur les plates-formes collaboratives, il est nécessaire de renforcer le sentiment de confiance entre les membres du réseau, souligne une équipe de chercheurs de l'université de Turin. Les scientifiques italiens publient une étude dédiée au rôle d'acteurs clés, censés modérer les échanges sur les sites collaboratifs et encourager certaines relations. Mais selon eux, ce qui est encore plus important pour favoriser l'émergence d'un sentiment de confiance favorable à la coopération, c'est la capacité des internautes à choisir leurs relations. Plus les membres du réseau sont libres de choisir leurs collaborateurs, et d'en changer régulièrement, meilleurs seront les échanges futurs, et plus grands seront les échanges.
La confiance naît du dynamisme
Les chercheurs contredisent ainsi l'idée selon laquelle les relations doivent être consolidées sur le long terme, éventuellement arbitrairement. "Ce n'est pas de la stabilité que naît la confiance, mais justement d'un certain dynamisme de la plate-forme communautaire", précisent les scientifiques. Reste que la présence d'acteurs centraux - des agents clés mettant en relation certains membres - s'avère bénéfique. "La présence d'agents à des positions centrales dans un réseau dynamique est tout à fait cruciale", notent-ils. Pour en venir à ces conclusions, les chercheurs ont demandé à un panel d'internautes de participer à un jeu, sur un réseau social spécifiquement développé pour l'expérimentation. Chacun d'entre eux pouvait investir un certain montant (fictif) dans un autre.
Créer des relations asymétriques et observer l'évolution

Les investissements rapportant un pourcentage à l'investisseur. Le but : motiver les échanges dès l'origine. Mais le membre B, dans lequel investit A, n'étant pas obligé de lui rendre la pareille. Le but ? Créer des relations asymétriques pour étudier ensuite l'évolution de ces relations. Et observer la manière dont les joueurs entrent en relation, décident d'investir, de retourner l'investissement, éventuellement, etc. Résultat : les membres investissent d'autant plus facilement lorsque le réseau est dynamique, et que les choix sont effectués en toute liberté. 108 personnes ont participé à l'expérience, mise en place à l'été 2009.

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