Réseaux : le degré d'implication ne tient pas au nombre de connexions

Par 27 septembre 2010
Réseau

Pour mesurer l'influence d'un individu sur une plate-forme collaborative, il ne faut pas regarder le nombre de ses contacts, même importants. Mais identifier la force du lien social qui le lie avec d'autres.

La qualité des liens entre les membres d'un réseau social ne se résume pas à leur simple connexion, rappelle une équipe des universités de Victoria et de Colombie Britannique (Canada). Selon elle, les modèles traditionnels - comme celui de l'étude des nœuds de connexion - ne suffisent pas à traduire l’intensité et le niveau d’implication d’un internaute sur un réseau social donné. L'existence des "amis imaginaires" domine aujourd’hui sur les sites collaboratifs, les internautes se liant avec des individus avec qui ils n'échangeront ensuite pas d'informations : leur degré de connexion et d’échange restant au stade du symbolique ajout. Pour établir un ciblage plus précis, les chercheurs ont mis au point un système qui permet de valoriser ce qu'ils appellent l'embededness.

Mesurer l'implication

C'est-à-dire le degré d'implication des acteurs d'une même plate-forme. Celui-ci étant considéré comme un critère pertinent pour qualifier et évaluer la force du lien social existant sur un réseau en ligne entre un internaute et son entourage virtuel. Le modèle repose sur l'identification d'éléments clés : combien de "voisins" un internaute a-t-il ? Avec qui est-il en contact pour échanger de l'information ? A combien de sous-communautés appartient-il ? Autant d’éléments qui, selon les chercheurs canadiens, doivent permettre de jouer un rôle important dans la diffusion d’une information en ligne, et d’identifier à l’intérieur même d’un réseau social les communautés les plus actives. Le modèle mis au point permettra notamment de mieux repérer les internautes les plus à mêmes de faire circuler une information, et efficacement.

Facebook et Orkut à la loupe

Selon les chercheurs, leur dispositif vise aussi à mieux comprendre en parallèle le fonctionnement des communautés dans la vie réelle. "Les réseaux sociaux représentent la relation existant entre des individus et des organisations", expliquent-ils. "Ceux  présents sur le Net sont aussi le reflet de réseaux existants dans la vie dite réelle. (…) Leur observation permet d’en savoir plus sur des pans entiers de nos sociétés". Pour éprouver leur modèle, les scientifiques ont travaillé sur des données collectés sur deux réseaux sociaux en constante expansion : Facebook et Orkut. Pour Facebook, ils ont concentré leurs efforts sur le comportement de 63 000 internautes situés dans la région de la Nouvelle Orléans. Passant au crible près de 800 000 liens hypertextes, et 870 000 posts sur une période de trois ans.

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