Réseaux sociaux : + de 25 ans, s’abstenir ?

Par 02 août 2012 1 commentaire
senior devant ordinateur

Est-ce que les «digital natives» savent mieux utiliser les réseaux sociaux d’entreprises que la génération X, ou est-ce qu’ils n’ont pas suffisamment d’expérience pour gérer une telle responsabilité ?

Faut-il avoir moins de 25 ans pour être manager dans les médias sociaux ? Un article de Cathryn Sloane, étudiante à l’université de l’Iowa explique que c'est le cas. Pourquoi ? Témoins de la naissance de Facebook et de Twitter elle argumente que les moins de trente ans ont pu observer comment la vie était sans ces réseaux sociaux, et assister à leur implantation en étant aux premières loges. Son argument principal est que ces «digital natives» ont appris «à utiliser ces médias sociaux, d’abord de façon sociale avant d’en avoir une utilisation professionnelle, et non l’inverse, ou simultanément». Ainsi, ils les utilisent de façon naturelle, avec une compréhension optimale de leur fonctionnement. C’est pourquoi selon elle, les personnes âgées de plus de 25 ans ne sont pas à même de véhiculer des messages correspondant à «l’atmosphère honnête, énergique, et spirituelle» de ces réseaux puisqu’ils retranscrivent uniquement les déclarations commerciales. Elle reproche également aux offres d’emploi d’exiger une expérience de cinq à dix ans dans les secteurs des médias sociaux, alors que selon elle les mieux placés pour occuper ce type de poste sont trop jeunes pour avoir cette expérience.

Sur internet, ce papier a suscité des réactions. Augie Ray, directeur des ressources communautaires chez USAA par exemple, n'est pas d'accord.

Pour lui répondre, il a choisi de republier l’un de ses billets de blog datant de juillet 2009 qui raconte la mésaventure d’Habitat la même année. Pour augmenter la visibilité de la marque sur twitter un jeune stagiaire, avait décidé de commencer chaque tweet par un hashtag mentionnant l’un des dix sujets tendances. Parmi ceux-ci, l’on a retrouvé #mms, #Iphone, mais également #Moussavi. Interrompant ainsi par une publicité, des conversations sur les élections iraniennes. Suite à l’incident l’enseigne a présenté des excuses, et ajouté ne pas avoir été informé de ces pratiques. « Les médias sociaux ne sont pas seulement importants pour votre entreprise, ils sont votre entreprise » affirme Augie Ray, qui donne ensuite quelques bonnes pratiques. Tous les employés doivent savoir utiliser ces médias sociaux recommande-t-il. Il ajoute qu’une entreprise qui reconnaît l'importance des médias sociaux, n’en confiera pas la charge à « un stagiaire ou un organisme crée il y a six mois et composé de trois personnes». Selon lui travailler dans les réseaux sociaux nécessite d’avoir des connaissances marketing, juridique, de relations publiques, de marque, en interne, connaitre la concurrence. C’est pourquoi il faut une expérience significative.

La génération Y certes, adepte des réseaux sociaux dans son quotidien, ne les intègrent pas forcément dans sa vie professionnelle. Ainsi, je ne suis pas certaine qu’ils connaissent tous les codes correspondant à l’implantation d’une entreprise sur ces réseaux. Il faut adopter un jugement plus nuancé et engager un salarié bénéficiant d’une expérience polyvalente tout en ne négligeant pas les atouts qu’un jeune diplômé force de proposition et maitrisant ces outils pourraient apporter.

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1 Commentaire

N’est-il pas temps d’arrêter de culpabiliser face au soit disant « génie spontané » des Digital Natives ?

Il est insensé de penser qu’une catégorie de personne qui représente en plus la majorité de la population soit incapable de comprendre les « nouvelles » technologies. On frise le sectarisme voire de la ségrégation en affirmant le contraire. Tout le monde peu tout apprendre et le Web n’a rien de bien compliqué qui soit inaccessible pour n’importe qui ! Et s’imaginer qu’il suffit de savoir surfer sur le Net pour avoir tout compris de la vie me semble quelque peu réducteur.

En tant que pédagogue, je ne peux que m’inscrire en faux contre ces "théories" complétement infondées. Certes, les D.N. sont très à l’aise avec un ordinateur et les médias sociaux. Pour autant, on observe chez cette génération, un manque de structuration et de culture générale qui leur font énormément défaut et génèrent des problèmes récurrents. Ils ne produisent pas que du « contenu intelligent », il faut relativiser. De même, ils remportent de piètres résultats aux examens tel que le B2i (moins de 50 %) qui est pourtant le premier niveau de compétence en ce qui concerne l’informatique et lnternet.

Les créateurs du Web n’étaient pas eux-mêmes (forcément) des Digital Natives. La plus part des pros français actuels de l’Internet non plus, les profs en e-business non plus, les ingénieurs informatiques non plus etc…

La notion de chronologie s’applique seulement au niveau de la formation des « anciennes générations ». Les Technologies de l’Information et de la Communication ne leur ont pas été enseignées ni à l’école ni en entreprise (pour la grande majorité) puisqu’elles n’existaient pas. La plus part d’entre eux ont appris à les utiliser en s’auto-formant. Ce n’est pas ce que l’on fait de mieux en matière d’acquisition de compétences. Donc, il n’est pas étonnant qu’ils rencontrent quelques difficultés à assimiler les usages et bonnes pratiques du Web. Et il est vrai, à changer de schéma fonctionnel. C’est une question de temps et de moyens.

Plutôt que de les opposer, l’idéal ne serait-il pas de mélanger les générations pour trouver l’Equilibre entre expérience et vivacité ? Ensemble, nous sommes toujours plus forts !

Soumis par Jerome G. - le 09 août 2012 à 03h11

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