Les réseaux sociaux sont des outils d'apprentissage en devenir

Par 22 avril 2009 6 commentaires
Mots-clés : Smart city, Europe

Les sites collaboratifs populaires comme Facebook et Twitter apparaissent tour à tour comme outils d'apprentissage performants ou comme sources de distraction. Le point avec un expert de la question, Jean-Paul Pinte*.

L'Atelier : Les réseaux sociaux sont-ils des outils efficaces pour approfondir son savoir ?
Jean-Paul Pinte : Les plates-formes collaboratives peuvent devenir, dans un cadre pédagogique,  de véritables vecteurs d'ouverture sur le savoir. Ce, à condition que les enseignants acceptent de rentrer dans les flux avec leurs élèves. Dans ce cas, le professeur n'a plus le monopole, il n'est plus seul détenteur du savoir, puisque chacun des étudiants participe à son élaboration, en proposant des références de textes par exemple. L'enseignant devient alors plutôt facilitateur d'apprentissage. Une raison pour laquelle les réseaux sociaux peuvent rencontrer à l'heure actuelle des réticences dans le corps enseignant, encore attaché au modèle livresque de l'enseignement classique.
Il semble pourtant qu'ils soient davantage perçus comme de véritables outils pédagogiques à l'heure actuelle.
C'est une question de générations : il nous faudra attendre que les enseignants acceptent d'intégrer ces réseaux sociaux dans leurs pratiques. Au lieu de continuer à y voir de simples outils personnels et divertissants. Lorsqu'ils ne sont pas guidés, les internautes peuvent en revanche rencontrer des difficultés à accéder aux bonnes informations. Bien que les réseaux sociaux soient ouverts à tous, le savoir n'est pas directement apparent, et demande un certain apprentissage qui ne relève pas de l'informatique pure, mais plus du mindmapping et des cartes mentales.
Et une fois insérés dans une communauté, comment les utilisateurs tirent profit de ces sites, pour enrichir leurs connaissances ?
Les sites de réseaux sociaux peuvent notamment s'avérer intéressants, pour approcher des experts, resitués dans leur contexte : leurs références sont souvent mentionnées, comme les textes qu'ils ont publiés ou les autres spécialistes avec lesquels ils ont collaboré... Cela permet à l'internaute d'évaluer plus facilement sa réelle expertise dans le domaine. Pour terminer, je pense que cette situation va évoluer : rappelons que lors de leur lancement, les blogs n'étaient pas pris non plus pris au sérieux. Jusqu'au jour où des spécialistes s'en sont emparés pour s'exprimer...
*enseignant-chercheur de l'université catholique de Lille, spécialiste des réseaux sociaux et de la culture informationnelle, rattaché au laboratoire d'ingénierie pédagogique.

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6 Commentaires

Bonjour,

Veuillez noter pour cet article qu'il s'agit de Jean-Paul Pinte, spécialiste de la culture informationnelle et non de Jean-Pierre Pinte.

Cordialement.

JP PINTEBonjour,
Désolé pour ce mélange de pinceaux.
Cordialement,
La rédaction

Soumis par PINTE JEAN PAUL (non vérifié) - le 25 avril 2009 à 07h57

Bonjour

Je suis désolé, mais je suis forcé d'afficher mon désaccord à l'égard de cet article.

L'efficacité de l'utilisation des réseaux sociaux et d'autres outils de communication de masse à distance, favorisant la communication asynchrone (type forums) rencontre des résistances au moins aussi importantes du côté des étudiants.

Ils ont une force d'inertie impressionnante. Je l'ai constatée en utilisant Facebook (entre autres...) dans le cadre d'un cours.

Le groupe créé a été alimenté, rappelé en permanence auprès des étudiants. Il visait à favoriser les échanges, à développer la transmission de savoir, etc. dans un cadre plus ludique et plus adapté aux évolutions des étudiants.

Or, ceux-ci ne l'ont que très peu utilisé, pour la bonne et simple raison que EUX ne voient ces outils que comme des outils de divertissement.

Ils n'en perçoivent pas les possibilités sur l'apprentissage, et refusent même pour un certain nombre de l'utiliser à cette fin. La fameuse génération Y, par ailleurs, a un niveau de connaissance et de pratique plus que superficielle des nouvelles technologies.

Je pense que on l'oublie beaucoup trop ces paramètres lorsque l'on en parle...Bonjour,

Pas de quoi être désolé. Les réactions comme les vôtres nous amènent énormément.

Bien cordialement,

Renaud Edouard-Baraud

Soumis par Loïc (non vérifié) - le 28 avril 2009 à 09h52

Merci de votre réponse, Renaud. J'en profite pour renouer contact avec vous : je vous ai en effet envoyé un mail la semaine dernière pour vous faire part d'une recherche que j'ai menée en école de commerce avec un collègue sur l'expérience dont je parle plus haut. Je voulais savoir si un article la résumant pouvait vous intéresser ? Merci d'avance de votre réponse ! :-)Bonne journéeLoïc PléLa réponse est oui. Vous allez avoir de nos nouvelles Asap.
Cordialement,
Renaud E-B

Soumis par Loïc (non vérifié) - le 29 avril 2009 à 09h30

Je suis d'accord avec Loïc, prof en CPGE littéraire j'ai lancé un wiki (site du Café Pédagogique), il y a 2 ans; Les élèves sont plutôt réticents à publier, à échanger alors qu'on les retrouve très actifs sur des réseaux comme Facebook. Ils utilisent le wiki comme une banque de données alimentée par le prof et non comme un espace d'échanges.

Soumis par François Arnal (non vérifié) - le 29 avril 2009 à 20h03

Moralité, outils numériques et collaboratifs ou pas, il y aura toujours des "devoirs" à imposer aux élèves, non ?PS : l'article proposé par Loïc Plé m'intéresse vivement aussi ! Merci pour la suite que vous donnerez à cette réflexion.

Soumis par François Jourde (non vérifié) - le 01 mai 2009 à 23h23

Rebonjour,

je suis bien sûr d'accord avec toutes vos remarques antérieures et mesure bien chaque jour que le fait d'être dans la génération TIC ne donne pas forcément les capacités de travailler et d'apprendre seul avec les outils tels que ceux du Web 2.0.
L'enseignant doit rester dans le flux de ces outils et de cette démarche, encore faudrait-il qu'il ait pris le train en marche ?
Pour beaucoup, c'est le décalage complet !

Soumis par PINTE Jean-Paul (non vérifié) - le 10 mars 2010 à 07h37

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