Les réseaux sociaux se présentent aussi comme des régulateurs d'élections

Par 13 octobre 2011
élections

Réaliser une veille d'opinions sur les sites collaboratifs permet d'identifier toute naissance de mécontentement et de réagir en conséquence lors d'élections dans des zones sujettes à des tensions.

Les réseaux sociaux seraient un bon moyen de suivre les élections et, dans les pays où des tensions peuvent survenir, d'identifier et d'empêcher des situations dangereuses de se produire. A l'occasion des élections présidentielles qui viennent de se dérouler au Libéria, une équipe de chercheurs de Georgia Tech a installé un outil, sorte d'agrégateur de réseaux sociaux, capable d'analyser les données issues d'une vingtaine de sources différentes (notamment Twitter, Facebook, les échanges de SMS, blogs...) en temps réel grâce à des mots clefs préenregistrés et des informations de localisation. Ce procédé avait déjà utilisé en avril dernier, lors des élections au Nigeria, en partenariat avec le Nigerian Social Media Tracking Centre (NSMTC). Le but est d'offrir aux instances internationales, comme l'Institut National Démocrate ou l'Union Européenne, présentes au Nigeria ainsi qu'au Liberia, un outil complémentaire open source pour contrôler le bon fonctionnement  des élections.

Une nouvelle utilisation des réseaux sociaux

Plus de 750 000 rapports de commentaires d'internautes avaient donc été collectés et traités, le NSMTC s'occupant, le cas échéant, de transmettre aux autorités nigérianes des informations tendant à prouver des irrégularités dans le processus électoral ou des risques d'émeute autour de certains bureaux de vote. "Les réseaux sociaux peuvent constituer une véritable 'conscience culturelle'. Notre but est de prouver que l'on peut tirer avantage de ces données pour d'autres raisons que le marketing ou l'identification de tendances", explique Michael Best, initiateur du projet. Un nouveau partenariat a ainsi été créé avec iLab Liberia, un organisme de support, spécialisé en technologies de l'information, se chargeant de prévenir les autorités libériennes d'un danger potentiel.

Des possibilités d'amélioration

Mais il existe encore de nombreux moyens d'améliorer ce procédé. Cela passe notamment par une collaboration plus importante avec les organisations non-gouvernementales présentes sur place : "elles sont encore frileuses en ce qui concerne notre outil car elles ne veulent pas risquer de voir leurs données faussées par des commentaires de citoyens qui ne seraient pas fiables. Mais nous espérons leur faire comprendre l'intérêt de cette analyse des réseaux sociaux afin qu'elles affinent leurs propres techniques", précise Michael Best. Des efforts peuvent également être réalisés du côté de la population et des gouvernements locaux : les sensibiliser et les entraîner à tweeter pendant les  élections, organiser des groupes d'échanges SMS pour ces occasions ou encore établir des bases données centrales diffusant les résultats sur certaines plates-formes sociales. En 2012, les chercheurs souhaitent pouvoir déployer leur outil lors des échéances électorales au Kenya, au Sénégal et au Sud-Soudan.

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