Sur les réseaux sociaux, les tags font le lien entre utilisateurs

Par 12 mars 2010

En étudiant le lexique employé par les membres de plates-formes collaboratives, il est possible de faire ressortir des communautés d'intérêt. Un système qui permettrait d'améliorer la suggestion de nouveaux contacts.

Pour prédire les liens potentiels entre deux membres d'une même plate-forme en ligne, l'analyse des tags qu'ils utilisent est un outil particulièrement efficace. Ces derniers permettant de déterminer si des individus ont les mêmes centres d'intérêt. C'est en tout cas ce qu'affirme un groupe de chercheurs* italiens, français et américains dans une étude. Ceux-ci se sont particulièrement intéressés à Flickr et Last.fm, deux réseaux où une portion significative des membres utilise le tagging pour décrire les contenus. Et où les liens sociaux entre les différents individus sont accessibles.
Un outil pour déterminer les centres d'intérêt
En analysant les similarités des tags laissés par les utilisateurs, ils se sont aperçus que ceux qui utilisent un champ lexical proche sont plus susceptibles d'être "voisins" sur le réseau social. Par "voisins", les chercheurs entendent deux profils exprimant des goûts similaires. Par exemple deux personnes partageant les mêmes goûts musicaux. D'après leurs travaux, cette méthode est plus efficace que le système en usage sur Last.fm qui suggère des contacts aux utilisateurs en comparant les playlists de ses membres. Les chercheurs précisent que leur méthode reste efficace avec les plates-formes n'utilisant pas de vocabulaire commun à tous les utilisateurs.
Un système particulièrement efficace pour les utilisateurs actifs
Sur Flickr, par exemple, les utilisateurs taggent comme ils l'entendent sans qu'une liste d'attributs leur soit proposée. Un bémol tout de même, ce système ne fonctionne de manière optimale que pour les utilisateurs très actifs, c'est à dire recourrant au système de tagging régulièrement. Pour les autres, l'absence de données en nombre suffisant rend les résultats plus aléatoires. Les chercheurs expliquent que les résultats de leur recherche devraient permettre d'améliorer le design des réseaux sociaux au fur et à mesure que le tagging devient une pratique plus répandue.
* L'université de Turin, le CNRS de Marseille, la Fondation ISI à Turin et l'université de l'Indiana sont impliqués dans ces travaux.

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