Les réseaux sociaux, utiles pour gérer des situations d'urgence ?

Par 11 février 2010

Le principe même du web communautaire fait qu'il se présente comme une solution à retenir pour récupérer rapidement des informations et favoriser la communication entre les différents acteurs après une catastrophe.

L'Internet social constitue un outil pertinent pour obtenir des informations, organiser les secours de façon optimale, ou encore faciliter la collaboration entre les parties prenantes après une situation d'urgence comme une catastrophe naturelle. C’est ce qui ressort d’un récent rapport, publié par des chercheurs américains* dans l’International journal of emergency management. "En cas de catastrophe, les réseaux sociaux pourraient jouer un rôle prépondérant",explique à L’Atelier Connie White, qui fait partie de l’équipe."Cela va de l’engagement des citoyens dans un plan d’aide pré-déterminé, à la planification de secours spécialisés, en passant par le suivi des décisions prises par les autorités",poursuit-elle. Et de préciser qu'une telle initiative ne peut cependant être décidée au dernier moment.
Les réseaux sociaux ne sont pas une solution miracle
Il est essentiel d’établir une stratégie en amont, et de bien déterminer les différentes applications offertes par les réseaux sociaux. Enfin, le web social pose certains problèmes : "Après le tremblement de terre en Haiti, plus de quatre-vingt mille tweets concernant le drame ont été générés, toutes les heures", explique la chercheuse. Dans le flot d’informations, certaines étaient précieuses. Encore fallait-il les retrouver."Il est important de bien identifier, suivant les circonstances, l’usage que l’on veut faire des médias sociaux",  précise la spécialiste."Dans certains cas, il faut même reconnaître qu'ils ne constituent pas une solution bénéfique, et il faut savoir s’en passer", insiste la chercheuse. C’est également le cas lorsque, pour des raisons de sécurité, certaines informations ne doivent pas être divulguées au grand public.
Des facteurs précis, et variés, à prendre en compte
Nombreux sont les facteurs à prendre en compte : il faut considérer l’ampleur de la catastrophe, mais aussi le nombre de parties prenantes, ainsi que le niveau d’implication gouvernemental, ou encore la zone géographique, etc. "Chacune de ces dimensions nécessite une prise en compte particulière, et globale. Il est essentiel de prendre le temps de la réflexion", explique Connie White. Enfin, le web communautaire ne peut être utile que si les infrastructures le permettent. Dans le cas contraire, d'autres solutions basées sur le partage existent. Comme récupérer des données, transmises par SMS via les téléphones mobiles. Ou utiliser les systèmes d’information géographique (SIG), qui fournissent des ressources très utiles et facilitent la géolocalisation. "Les personnes sur place qui utilisent leurs smartphones donnent des informations cruciales qu’il est possible de géolocaliser", conclut Connie White.
(*) De l’université d’Alabama et de l’Institute of Technology, au New Jersey.

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