Résilience: San Francisco sollicite ses startups pour se préparer aux catastrophes

Par 17 juin 2013
Victimes de séisme s'entraidant

Les startups de l'économie du partage mettent leurs ressources au service de la ville pour mieux se préparer aux catastrophes naturelles.

Mieux vaut prévenir que guérir. C’est une leçon que San Francisco a bien retenue depuis le désastreux tremblement de terre de 1906 qui, couplé d’un incendie généralisé, a détruit une partie colossale de la ville. L’incident est résté une des catastrophes américaines les plus graves, avec Katrina. La Baie de San Francisco, située sur la gigantesque faille de San Andreas, n’est pas à l’abri d’autres événements du genre. Pour renforcer les capacités de résilience de la ville, le Maire Ed Lee est bel et bien décidé à puiser dans les ressources de la région: les startups. Ed Lee vient tout juste d’annoncer un partenariat entre la ville et BayShare, une association de startups d’économie du partage. L’objectif est clair: intégrer les startups de l’économie du partage à l’effort et aux plans de résilience de la ville. “L’économie du partage, en pleine croissance, met à profit la technologie pour aider la ville à mieux se préparer en cas de catastrophe” a déclaré Ed Lee.

Réquisitionner les biens des particuliers en cas d’urgence

L’idée est notamment inspirée d’un partenariat improvisé entre Airbnb et la ville de New York lors de l’Ouragan Sandy. De nombreuses familles s’étaient retrouvées sans logement, et la startup de location d’appartements peer-to-peer avait lancé un mini-site pour venir en aide aux victimes. Le site permettait aux membres d’Airbnb de proposer d’héberger gratuitement des concitoyens new yorkais. Au total, 1440 membres d’Airbnb avaient participé à cette opération, et hébergé des victimes. Cette initiative a contribué à une prise de conscience côté startups et côté gouvernements locaux: les plateformes des startups de l’économie du partage constituent une ressource extrêmement riche en cas de catastrophe. Effectivement, qu’il s’agisse Airbnb pour le logement, de Lyft ou CityCarShare pour le transport ou encore de LiquidSpace pour les bureaux à partager, ces startups possèdent chacune une plateforme et une communauté localisée de citoyens connectés, prédisposés à partager leur voiture, leur espace de travail ou leur salon. Autant de véhicules et de mètres carrés pouvant être prêtés pour venir en aide aux autres en cas de catastrophe.

Associer les startups aux plans de résilience de la ville

Le partenariat entre San Francisco et BayShore comporte plusieurs volets. D’abord, le lancement avec Airbnb, d’un outil standardisé qui puisse être déployé facilement en cas de catastrophe, sur le modèle de leur initiative à New York. D’autres entreprises, comme la prestigieusse agence de “design thinking” IDEO, participent à l’élaboration de plans d’urgence en collaboration avec le Departement of Emergency Management de la ville. Par ailleurs, le partenariat tente d’instaurer un dialogue de long terme entre la ville et les startups d’économie du partage. Le Maire a ainsi invité BayShore à rejoindre le San Francisco Disaster Council, qui se réunit chaque trimestre pour échanger au sujet des stratégies de résilience de la ville. Cette invitation et couplée de rendez-vous réguliers entre les startups de BayShare, les pouvoirs publics, et d’autres acteurs majeurs comme la Croix Rouge, à l’occasion d’événements et conférences dédiés au sujet. 

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