La résistance des internautes contre les majors s'organise

Par 25 février 2004

Plus de 300 sites Internet et de « blogs » ont organisé mardi un événement qui restera sans doute dans les annales de la lutte que mène l'industrie musicale contre le téléchargement sur Internet...

Plus de 300 sites Internet et de « blogs » ont organisé mardi un événement qui restera sans doute dans les annales de la lutte que mène l’industrie musicale contre le téléchargement sur Internet et le non-respect du droit d’auteur. Il s’agit du « Grey Tuesday ».

Explications : Il y a quelques semaines, un DJ du nom de Danger Mouse entreprend de travailler sur l’album du rappeur Jay-Z, baptisé « The Black Album », et laissé volontairement à la disposition des internautes. Danger Mouse entreprend de mixer cet album avec le « White Album » des Beatles, son opposé. Il fait presser 3.000 exemplaires du résultat, et crée une page personnelle autour de ce disque, baptisé « Grey album ».

Sauf que le succès est assez inattendu : très vite, le nouveau disque connaît un succès au-delà des espérances de son créateur. La critique musicale en parle, les chansons de l’album s’échangent au format mp3 sur les réseaux d’échange de fichiers… Sauf que rapidement, la major EMI exige le retrait immédiat du disque de la vente, arguant que Danger Mouse n’a acquis aucun droit pour remixer des morceaux des Beatles.

C’est à ce moment-là que la résistance des internautes mélomanes s’organise : au nom de la désobéissance civique, 300 sites Internet décident de proposer gratuitement le téléchargement du « Grey Album ». L’objectif de la démarche est de faire entendre aux autorités et à l’industrie musicale que les lois du copyright sont trop strictes et doivent être revues.

Interrogé au sujet de l’événement par le New York Times, le directeur du centre sur l’Internet et la société de Harvard déclarait hier : « D’un point de vue purement légal, l’opération du « Grey Tuesday » est contraire à la loi… Ceci dit, la loi sur le droit d’auteur a été votée dans un certain contexte de l’industrie musicale. Aujourd’hui, l’essor et la généralisation des technologies de l’information permet aux utilisateurs de créer des morceaux à partir d’œuvres qui appartiennent à la culture populaire. Il n’est pas possible de placer un tel mouvement culturel sous le régime légal tel qu’il existe aujourd’hui ».

Hier après-midi, certains webmasters de sites engagés dans le « Grey Tuesday » annonçaient jusqu’à 1.000 téléchargements de titres de « Grey Album ».

(Atelier groupe BNP Paribas –25/02/2004)

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