Résistance et légèreté, atouts déterminants pour les patchs intelligents

Par 29 juillet 2013
illustration patch électronique

Des chercheurs japonais ont mis au point une nouvelle génération de capteurs intelligents à la finesse inégalée.

Après le tatouage électronique mis au point par l'université d'Austin (Texas), l'université de Tokyo (Japon) a élaboré un matériau ultra léger permettant de récolter des informations médicales en continu. L’équipe de recherche explique le détail de la technologie mise au point, dans un papier universitaire publié dans Nature Jeudi 25 Juillet. Il existe déjà de nombreux capteurs médicaux intelligents, cependant ceux-ci sont constitués majoritairement de silicone, matériau rigide et épais rendant leur utilisation prolongée inconfortable. Ce nouveau patch électronique est lui constitué de capteurs et transistors organiques placés sur un circuit fin de quelques micromètres et pesant à peine trois grammes par mètre carré, il s'agit du capteur intelligent le plus léger jamais réalisé. Cette technologie permettrait donc la mise au point de capteurs imperceptibles.

Une matière intelligente accélérant l'épuration des capteurs médicaux

Ce nouveau patch qui se colle sur la peau, outre sa légèreté, conserve sa forme originelle après avoir été plié ou étiré et résiste à l'eau, ce qui permettrait une implantation à l'intérieur du corps ou de la bouche. Indolore et n'entravant pas la liberté de mouvement, cette matière peut donc trouver des applications variées, aussi bien dans la médecine que dans le sport, expliquent les chercheurs. On pourrait ainsi envisager des contrôles antidopage durant toute la durée d'une compétition. Enfin, en étant directement implanté dans le corps, ce patch électronique pourrait à terme réagir à une alerte physiologique, par exemple envoyer une décharge électrique en cas de détection d'une attaque cardiaque. Du fait de la présence de ces composantes électroniques, le patch intelligent sert ainsi à remplir une double fonction: détection et réaction.

L'enjeu de la connectivité et de l'application robotique en ligne de mire

Cette nouvelle matière peut également trouver un usage dans l'informatique de sens, secteur en pleine croissance qui regroupe notamment les technologies tactiles et la reconnaissance gestuelle, visuelle et vocale. Ces capteurs électroniques pourraient notamment être utilisés pour palier un handicap physique et activer par exemple des dispositifs avec la bouche ou les yeux. De même ces capteurs sont susceptibles d’apporter le sens du toucher aux robots en reproduisant une matière plus résistante que la peau mais à la même sensibilité. Afin de déployer pleinement toutes ces applications il reste un obstacle de taille à surmonter: l'alimentation de ces circuits électroniques en énergie par un système adapté et surtout permettre aux capteurs de communiquer les données récoltées.

 

Thomas Meyer

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