Restrictions de navigation : les internautes passent peu outre

Par 20 octobre 2010
Cadenas

Les individus n'utilisent que peu les techniques existantes pour contourner les systèmes dédiés à bloquer l'accès à certains sites. Quand ils le font, c'est en faisant appel à celles considérées comme les moins sophistiquées.

Les outils dits de "contournement", et qui permettent aux internautes d’accéder à des sites en dépit des restrictions mises en place par leur entreprise, leur université, ou leur gouvernement, sont peu utilisés. Voilà le constat dressé par une équipe du Berkman Center for Internet & Society de l’université d’Harvard, aux Etats-Unis. Selon les conclusions des scientifiques, le nombre d’internautes utilisant ces modules ("circumvention tools", en anglais) ne dépasse pas les 3 % dans les pays où les systèmes de filtrages sont mis en place à l’échelle nationale. Et quand les internautes de ces pays décident de se servir de ce type d’outils, ils ont tendance à privilégier les moins sophistiqués d’entre eux, précisent les chercheurs.

Des outils présents dans les médias, mais peu utilisés

"Les médias ont accordé une attention importante à des outils de contournement comme Freegate, Ultrasurf, Tor, ou Hotspot Shield", précisent les chercheurs. "Mais selon nos conclusions, ces outils-là ne représentent qu’une portion très faible, lorsque l’on observe l’usage réel qui est fait des solutions de contournement". Ces derniers rappellent en effet que de nombreux outils sont à la disposition des internautes, sur la Toile : du simple "proxy" web aux services de réseaux privés virtuels (VPN), en passant par les "http/socks proxies" et les outils dits "blocking-resistant".

L’absence de connaissance technique

Et la grande majorité des utilisateurs se contente des "web proxies", les outils qui apparaissent en premier lieu dans les résultats des moteurs de recherche, mais qui sont aussi les moins performants. Les chiffres sont là : sur les onze solutions possédant au moins 250 000 utilisateurs mensuels, sept sont des proxys Internet. La raison d’une telle prédominance ? Les "http/socks proxies", par exemple, demandent plus de connaissance informatique et d’engagement que les proxys simples. "Et dans les cybercafés - lieux où se rendent beaucoup les internautes - les utilisateurs n’ont que rarement accès aux paramètres des machines", justifient les chercheurs.

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