Résultats de l'étude Benchmark Group.

Par 23 mars 1999
Mots-clés : Future of Retail, Europe

Dans son étude, Benchmark Group constate que le décollage du commerce électronique en France aura été plus rapide que prévu. Directrice générale de Benchmark Group, Corinne Delaporte explique "bea...

Dans son étude, Benchmark Group constate que le décollage du commerce
électronique en France aura été plus rapide que prévu. Directrice générale
de Benchmark Group, Corinne Delaporte explique "beaucoup d'entreprises ont
franchi le pas consistant à ouvrir des sites marchands. Le commerce
électronique français a été tiré par des sites comme Dégriftour et
Nouvelles Frontières qui ont réussi à passer du Minitel au Web. Enfin, il
ne faut pas négliger les "success stories" de sites importés comme Dell.fr
et Gateway.fr".
Selon Pierre Reboul, le président de l'Electronic Business Group, la
tendance devrait s'amplifier en 1999 "des secteurs entiers, comme
l'assurance, s'installent sur le Web". Parallèlement, de nombreux acteurs
étrangers arrivent en France depuis quelques semaines, comme le
cyberdisquaire suédois Boxman, la librairie en ligne BOL, le site de
ventes aux enchères britannique QXL, sans oublier l'arrivée programmée
d'Amazon.com.
Désormais, la création d'un site commercial devient une priorité pour les
entreprises. Toutefois pour attirer les visiteurs, il faut, comme dans le
commerce traditionnel, des opérations spéciales, des promotions.
Paul-Emile Cadilhac, directeur Internet du Printemps explique "nous avons
environ 1 200 visiteurs quotidiens. Mais nous observons des pics de
fréquentation lors d'évènements spéciaux".
Corinne Delaporte confirme "les sites qui réussissent sont ceux qui
communiquent : ce n'est plus la technique, mais le marketing qui fait la
différence".
Les ventes des sites français décollent. Le chiffre d'affaires des sites a
progressé en moyenne de 149 % entre 1997 et 1998. Avec l'augmentation de
la valeur moyenne du cybercaddie de 400 F, le poids des petits vendeurs
diminue. Avec 141,4 millions de F de chiffre d'affaires pour la micro et
141 millions de F pour les voyages, ces secteurs représentent à eux deux
70 % du marché. La VPC (10 %), les produits culturels (9 %) et
l'hôtellerie (5,3 %) arrivent ensuite.
Mais peu de sites sont encore rentables. Il faut donc inciter les
visiteurs à consommer, comme l'explique Corinne Delaporte "le principal
frein au commerce électronique n'est pas la sécurisation des transactions,
c'est de convaincre les nouveaux internautes à acheter ; il y a 5 000
nouveaux venus par jour". Mais un grand nombre d'entre eux se connectent
au bureau, lieu guère idéal pour passer commande. Paul-Emile Cadilhac
confirme "tant que les consommateurs ne seront pas reliés à domicile, les
freins au commerce électronique ne seront pas levés".
Autre problème, la logistique, comme le précise Pierre Reboul "quand on
commande vite, on s'attend à être livré en conséquence".

Olivier Beauvillain de Jupiter Communications confirme "le commerce
électronique français à décollé". Toutefois, comparé à ses voisins
européens, l'Allemagne et le Royaume-Uni, la France conserve son retard dû
principalement au nombre de foyers connectés. "Ils sont un peu plus de 6 %
en France, contre 10 à 15 % au Royaume-Uni et en Allemagne. Cela tient au
développement d'accès Internet gratuits, au Royaume-Uni notamment".
Par ailleurs, le retard français dépend de la nature des acteurs. Hormis
Marcopoly ou Alibabook, peu d'acteurs nouveaux viennent d'Internet. La
plupart vendent via le Minitel, constituant une source de revenus dont ils
devront apprendre à se passer "mais la conversion des sites français au
commerce électronique n'est pas plus difficile que celle d'un Barnes &
Nobles à la traîne d'Amazon".
(Deux pages - Informatiques Magazine - 19/03/1999)

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