La révolution numérique n'a pas influé sur la flexibilité de l'emploi

Par 11 janvier 2010

La communément baptisée bulle Internet n'a pas eu d'impact particulier sur la stabilité ou l'instabilité du marché du travail aux Etats-Unis.

Contre toute attente, la bulle Internet et l’émergence des start-up dans les années 2000 n’ont pas joué sur la flexibilité de l’emploi. Voilà ce que constate l’institut d’études EBRI, qui publie une enquête sur le marché du travail aux Etats-Unis. "L’ère numérique donne le sentiment d’une logique de volatilité, qui est aussi une logique d’opportunités", explique Pierre Chapignac - spécialiste de l’économie de l’immatériel - à L’Atelier. Un sentiment plus qu'une vérité, donc : la durée moyenne passée par un salarié dans une entreprise est en effet restée inchangée, en dépit de l’ébullition de la décennie en matière d’innovations technologiques.
Changer d’entreprise tous les cinq ans ne date pas d’hier
Sur la période des vingt-cinq dernières années, un salarié américain ne passe en moyenne pas plus de cinq ans dans la même entreprise, et ce quelque soit son niveau de rémunération. L’institut note ainsi que le temps passé en entreprise avant d’en changer a été le même en 2008 qu’en 1983*. Conclusions qui confirment l’idée selon laquelle le fait que les salariés ne travaillent pas toute leur vie pour le même employeur n’a rien d’un phénomène récent. Les effets de l’ère numérique sont donc à rechercher ailleurs. "La révolution numérique a engendré de nouvelles formes d’organisation du travail", précise Pierre Chapignac.
La fluidité des échanges : syndrome de l’ère numérique
L’époque du big-bang des années 2000 a vu disparaître le format traditionnel du salarié au profit notamment de celui de prestataire de services". L’explosion d’Internet n’a pas augmenté la flexibilité du marché de l’emploi, mais elle a eu des conséquences tangibles dans de nombreux domaines. "Internet permet un saut qualitatif incontestable. Il s’agit d’un moyen, d’un appui, d’un levier qui permet de mettre en place de nouvelles formes de relation au travail, fondées sur la fluidité des échanges", conclut le spécialiste.
(*) 5 ans contre 5,1

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