Quand la RFID décrypte les interactions sociales

Par 01 décembre 2008

Socio Patterns réalise un plan dynamique des interactions entre individus via des puces RFID actives qui informent sur le type et la durée d'un échange. Il permettra de créer des applications de gestion de conférence.

Pour comprendre la structure dynamique des réseaux sociaux physiques, une équipe de chercheurs franco-américano-italienne* travaille sur un réseau de tags RFID capable de transmettre des informations sur la présence d'interactions entre individus. Ce type de travaux permet de déterminer s'il existe des plans typiques de contacts en termes de durée ou en nombre moyen d'interaction. En plus d'un intérêt sociologique, de telles conclusions permettront d'affiner les solutions mobiles d'interaction en donnant la possibilité d'avoir un retour sur son combiné de ses déplacements réels et des rencontres faites pendant ceux-ci. Le projet, baptisé Socio Patterns, pourrait en effet intéresser des fournisseurs de dispositifs de gestion de conférence. Parmi les applications envisagées, celle de proposer aux clients d'avoir un retour sur les personnes avec qui ils ont le plus échangé pendant une réunion.
Avoir un feedback mobile sur ses interactions réelles
Si l'interlocuteur a mis des informations le concernant à disposition, le tag pourra alors vérifier si ce dernier est par exemple inscrit sur un réseau social. Si le propriétaire du tag récepteur l'est aussi, une demande de contact sera envoyée automatiquement. Autre solution : l'envoi de données sur son entreprise et ses coordonnées à son interlocuteur par Bluetooth après une simple validation sur l'écran de son smartphone. Techniquement, le système consiste en des puces RFID actives placées sur des badges, et qui envoient des paquets de données quand le porteur passe à proximité d'une antenne dédiée et reliée à un réseau Ethernet. Localiser le propriétaire d'un badge ne suffit pas, il faut établir s'il est en train de s'adresser à un interlocuteur ou pas. Pour y parvenir, les chercheurs ont programmé les tags afin de les rendre bidirectionnels.
La RFID devine toute interaction physique
C'est-à-dire qu'ils reçoivent aussi les données émises par les autres badges à proximité et les transmettent à l'antenne. Cela permet de savoir si deux personnes sont non seulement proches, mais aussi face à face. Si elles sont seulement assises côte à côte, le badge n'identifiera pas la présence d'un tag RFID. Une telle démarche ne permet pas d'assurer avec certitude que deux personnes communiquent. Mais déterminer qu'elles sont face à face laisse fortement supposer une telle interaction. Plusieurs solutions d'étude des mouvements sociaux existent déjà, mais un certain nombre d'entre elles requièrent des volontaires qu'ils soient actifs, par exemple pour remplir un questionnaire. Ici, le processus est automatisé et non invasif. L'autre intérêt du système est qu'il respecte la vie privée des personnes qui embarquent le tag : celui-ci ne fonctionne que dans un espace limité, et ne fournit que des informations validées par leurs utilisateurs.
*Le projet réunit des chercheurs du Centre de physique théorique à Marseille, du Complex Networks and Systems Group à Turin, du Laboratoire de physique de l'ENS Lyon et de la School of Informatics and Biocomplexity Institute de l'université de l'Indiana.

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