La RFID fiabilise le transport du sang

Par 07 octobre 2008
Mots-clés : Smart city, Afrique, Europe

Réseaumatique développe une solution de suivi de poches de sang par étiquette électronique. Un frigo connecté au Web permet aussi de mieux répartir les poches selon les besoins.

Entretien avec Jean-Pierre Bruneval, responsable développement pour la PME normande Réseaumatique.

L'Atelier : Pouvez-vous nous présenter Réseaumatique et l’utilisation que vous faites des technologies sans-fil comme la RFID ?

Jean-Pierre Bruneval : Nous sommes un intégrateur de solutions de traçabilité. C’est-à-dire que nous associons des briques technologiques pour construire des solutions métiers dans les domaines de la santé, de l’agro et de l’industrie. Parmi les dispositifs sur lesquels nous avons travaillé, nous présentons aujourd’hui BioLog, qui permet de tracer des poches de sang sur l’ensemble de la chaîne de distribution, du stockage jusqu’à l’utilisateur. Chaque contenant embarque une étiquette RFID. Un lecteur de bureau initialise la puce. Des lecteurs embarqués dans les frigos permettent ensuite d’opérer un suivi constant de la température et d’autres informations qui caractérisent le sang contenu.

Pourquoi retracer ainsi les produits médicaux ?

Des contenants comme des poches de sang doivent être conservés dans des conditions très strictes, sous peine d’être détériorés. Une poche peut ainsi être conservée une trentaine de jours, sous une température entre 2 et 6 degrés. Le système RFID que nous avons développé optimise du coup la sécurité de délivrance et de repérer les poches dégradées. Autre chose : le frigo dispose d’une infrastructure Web. C’est-à-dire que nous pouvons mieux répartir les poches selon la demande à la suite d’un accident ou avant une opération.

Avez-vous dû faire face à des problématiques de prix pour le développement et le déploiement d’une telle solution ?

Développer un tel système a un prix, évidemment, notamment pour mettre en place des frigo avec de l’électronique embarquée. Mais plus que le prix, il vaut mieux réfléchir en termes de gains : tracer la chaîne de distribution permet de gagner en sécurité, en fiabilité, et d’optimiser les stocks. Le coût ne freine pas le développement. Ce qui le ralentit, ce sont plus les accréditations, les homologations, notamment en France.

BioLog est-il déjà commercialisé ou utilisé par l’EFS ?

Non, pas encore. Il a été testé sur l’EFS Pays-de-Loire et à la polyclinique de Jolet pendant six mois. Aujourd’hui, notre projet est en cours de validation au niveau de l’EFS siège (Paris). Comme la technologie est nouvelle, l’homologation est plus lente.

Vous l’avez testé en France. Envisagez-vous une utilisation dans les pays en voie de développement, où la circulation de l’information est un problème ?

Tout à fait. Mais nous ne le faisons pas directement, nous passons par des partenaires. Dometic, par exemple, qui est notre partenaire sur toutes les solutions frigorifiques, s’exporte en Afrique. Il pourra y vendre notre solution. Nous nous chargerons de l’installer.
Mathilde Cristiani, envoyé spécial de L'Atelier à Nice

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas