Quand la RFID perturbe les appareils médicaux

Par 25 juin 2008
Mots-clés : Smart city, Europe

Les systèmes de contrôle de la circulation qui utilisent des solutions de radio-identification peuvent dérégler les appareils utilisés dans les hôpitaux. Notamment ceux utilisant également des tags RFID.

Solutions Wi-Fi de fluidification du trafic, tags RFID permettant de localiser les bus... Les systèmes visant à simplifier le quotidien des usagers se multiplient sur les routes. Seul problème : si ces dispositifs améliorent les conditions de circulation, ils sont également accusés de provoquer des interférences avec les appareils médicaux utilisés dans les hôpitaux à proximité. Selon une étude* menée par une équipe de l'université d'Amsterdam, les tags RFID sont à l'origine d'interférences qui peuvent arrêter de manière aléatoire les ventilateurs installés dans les chambres, reprogrammer les pacemakers ou encore perturber l'écoulement des systèmes intraveineux. Et ce n'est pas tout : en effet, les centres médicaux commencent également à utiliser des appareils de suivi et de mesure qui fonctionnent via la radio-identification. Des dispositifs qui deviennent du coup vulnérables à des interférences avec d'autres systèmes utilisés à l'extérieur.
Environ un appareil sur quatre affecté par les ondes RFID
Afin d'identifier avec exactitude comment les ondes dégagées par ces systèmes de communication affectent le fonctionnement des appareils médicaux, les scientifiques ont réalisé des tests sur deux systèmes RFID de suivi des patients et plusieurs dizaines d'appareils utilisés au quotidien par les centres de soins. Ce, en vérifiant si les appareils dysfonctionnaient au passage d'ondes radio à proximité. Résultat : sur les plus de cent vingt tests réalisés sur quarante et un supports différents, trente quatre ont subi une dégradation due aux ondes, susceptible d'avoir des retombées sur les patients pour une vingtaine d'entre eux. Ce, principalement quand le champ d'émission d'ondes radio n'était pas éloigné de l'appareil défectueux. Reste que si les chercheurs pointent ces dysfonctionnements, ils ne remettent pas pour autant en cause l'utilisation de dispositifs sans-fil au sein des hôpitaux.
Multiplier les tests en amont
"Il ne faut surtout pas bannir frénétiquement les systèmes RFID", explique au New Scientist Erik Jan van Lieshout, qui a dirigé l'étude. "Si jamais ces dispositifs sont éteints, cela pourrait être extrêmement dangereux", ajoute-t-il. "En soins intensifs, par exemple, les gens dépendent de ces appareils". Ces derniers améliorent en effet nettement l'efficacité des soins. Les chercheurs rappellent ainsi qu'ils ont également la capacité de réduire le nombre d'erreurs médicales, en assurant un suivi permanent du patient. La solution : réaliser le plus de tests possibles, afin de mettre au point des appareils résistants. Et donc prendre le problème en amont, plutôt que de passer par une simple interdiction. Selon le New Scientist, la Food and Drug and Administration, qui régule le secteur de la santé, a sorti l'année dernière un guide de recommandations qui appelle les fabricants à concevoir leurs appareils médicaux de manière à les rendre résistants aux interférences.
*Etude publiée dans le Journal of the American Medical Association

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