Robo Nexus 2004 : les robots, c’est maintenant... mais où est donc Aibo ?

Par 29 octobre 2004

Le salon du robot qui s'est tenu du 21 au 23 octobre 2004 à Santa Clara, au cœur de la Silicon Valley, est toujours une bonne occasion de faire le point sur un secteur en pleine...

Le salon du robot qui s'est tenu du 21 au 23 octobre 2004 à Santa Clara, au cœur de la Silicon Valley, est toujours une bonne occasion de faire le point sur un secteur en pleine évolution. Ce salon, le plus grand du genre, rassemble au Convention Center de la ville tout ce qui se fait de mieux en matière de robots. Plusieurs milliers de professionnels et d'amateurs se bousculent pendant trois jours sur les stands et dans les conférences pour déceler les grandes tendances et voir les principales nouveautés. Le site de l'exposition donne un assez bon aperçu du programme particulièrement riche de cette année : http://www.robotnexus.com .

Pourtant, il faut le voir pour le croire…La robotique, c'est maintenant et dans tous les secteurs d'activités. Elle est dans l'entreprise depuis longtemps, à l'école, dans les hôpitaux, et entre de plus en plus à la maison. Elle sauve des vies, fait la guerre, construit des produits sophistiqués, surveille, amuse les enfants et nettoie les maisons…

Quelles sont donc les grandes tendances de la saison 2004 ?

D'abord, le robot domestique …

Un article de la lettre de l'Atelier du jeudi 21 octobre révélait une étude de la commission économique de l'ONU prédisant que d'ici à 2007 il y aurait plus de 8 millions de robots domestiques. Celui qui passe l'aspirateur est déjà bien connu des lecteurs de l'Atelier et des auditeurs de l'Atelier numérique sur BFM. Les principales marques étaient représentées, de iRobot avec son fameux Roomba, pionnier et leader du domaine, à Wany robotics. On n'attend plus que les grandes marques d'électroménager, pour que s'engage une baisse des prix qui rendra ces robots accessibles. Quoiqu'il en soit, ils ont pu démontrer leur réelle efficacité sur les stands du salon, et il y a fort à parier que nous ne pourrons plus nous en passer d'ici quelques années. Impressionnant…

Autre domaine lié à la maison : le robot de surveillance. A l'image de l'Aibo de Sony, il est doté d'une caméra de surveillance, d'un accès à Internet via WiFi et peut être commandé à distance via Internet. Pratique pour s'assurer que les enfants dorment quand on est de sortie, ou pour s'assurer que tout va bien à la maison quand on est en déplacement.

Mais dans la catégorie robot domestique, c'est le côté ludique qui va l'emporter à court terme. Au-delà des traditionnels jouets robots, qui ont fasciné nos enfances (et il y avait quelques beaux exemplaires de collection), c'est très certainement le Robosapien qui sera le héro de Noël pour nos chères têtes blondes. Esthétique et fonctionnalités complètes sont au rendez-vous de ce robot développé par un ancien chercheur de la Nasa, et qui vous coûtera un peu moins de 100 $. Là encore, la démonstration est éloquente : Il se déploie avec grâce, ramasse des objets, danse…
 
 
Deuxième catégorie : le robot militaire …

Largement représentées ici, les entreprises travaillant pour l'industrie militaire font preuve de prouesses. Elles ont loué les stands les plus luxueux et démontrent en direct leurs capacités à évoluer sur le terrain. Les robots volants et autres drones ne sont pas présentés (nous sommes en intérieur..), mais les démonstrations de robots au sol, sur le terrain des opérations, sont frappantes et suscitent une vive curiosité du public.

La capacité pour un seul homme de manipuler simultanément plusieurs robots miniaturisés, tant pour la reconnaissance que pour l'action (minage, déminage…) est impressionnante et terrible. Les implications de la robotique dans le domaine militaire sont immenses, et nous n'avons eu droit qu'a un rapide aperçu. Confidentialité oblige. Si au moins les robots pouvaient s'entretuer à la place des hommes sur le terrain des opérations…

Vient ensuite le robot « universitaire »…
 
Rarement bien loin du robot militaire et du robot médical d'ailleurs…On trouve ici par exemple le robot « muscle », destiné à la chirurgie de reconstruction et de réparation. Les impacts de la robotique dans le domaine médical sont considérables. De l'intervention à distance, via Internet, aux micro cameras, en passant par les différentes prothèses…La robotique, parfois alliée aux biotechnologies et aux nanotechnologies, est porteuse de promesses dans le domaine médical. Le salon s'en est notamment fait l'écho au cours des conférences professionnelles organisées en parallèle.

Le SRI (Stanford Research Institute, « The Soul of Silicon Valley » d'après sa devise…) a quant à lui démontré une fois de plus la performance de ses recherches, en présentant son projet Centibot : une centaine de robots capables d'agir en parfaite interaction pour améliorer la surveillance urbaine. Basés sur des logiciels Linux, les robots peuvent explorer une carte et se partager la surveillance d'un immeuble ou d'une zone géographique pour en assurer la sécurité. Une fois n'est pas coutume, c'est un chercheur français du SRI, Régis Vincent, qui en a assuré la démonstration.

Enfin, et surtout, le robot utile sauveur de vies…
 
Il était bien représenté à Robo Nexus. Pas très loin des travaux du SRI, mais sorti des cartons et déjà en activité… Une des plus belles démonstrations du salon est très certainement venue de la société canadienne Inuktun ( www.inuktun.com ). Fondée en 1989, la société est spécialisée dans la robotique appliquée aux endroits difficiles d'accès (zones souterraines ou d'éboulement, zones sous-marines, espaces confinés). Un de ces produits - le VGTV (pour Variable Geometry Tracked Vehicule) - s'est très largement illustré pendant les recherches des survivants lors des attentats du World Trade Center.

Extrêmement maniable, sa géométrie variable lui permet d'accéder aux endroits les plus confinés et les plus accidentés. Doté de puissants projecteurs et d'une caméra, il permet aux sauveteurs de visualiser rapidement les survivants et d'envisager les meilleurs chemins d'accès. Très simple à déployer et à utiliser, il est d'une redoutable efficacité et a suscité beaucoup d'admiration de la part d'un public très sensibilisé. La nouvelle génération de VGTV pourra travailler en terrain meuble, sous faible visibilité, à des températures extrêmes et immergée à plus de 10 mètres de profondeur. Des vies humaines sauvées en perspectives. Chapeau …
 

Enfin, le robot inutile …

Robot haltérophile, robot danseur, robot lanceur de balle, robot footballeur, robot sculpture, robot tourneur de pages, robot mannequin… Développés par des passionnés, ou des écoles représentées en grand nombre ici, pour des compétitions ou simplement des shows à l'américaine. Au bonheur du robot. Comme un parfum d'enfance qui flotte, et que l'on retrouve si souvent dans ces grandes manifestations américaines, qu'il s'agisse de robots, de voitures anciennes, de football ou encore de jazz. Le goût de la performance, de l'inutilité, d'une certaine esthétique alliée à la technicité, du partage et, toujours, un nombre d'heures considérables données à sa passion. Le professionnalisme poussé jusqu'au hobby.

Mais où est donc Aibo ?

Tout le monde attendait Sony sur un tel salon… La dernière génération d'Aibo (ERS-7 pour les intimes), dont toute la presse s'est largement fait l'écho, avait très naturellement sa place ici. D'autant qu'un grand nombre des sociétés à l'origine des différents logiciels et systèmes qui animent le robot chien de compagnie étaient représentées. Mais pas d'Aibo à l'horizon. Sony a-t-il eu peur de la comparaison avec d'autres engins, au moins aussi performants mais beaucoup moins chers, et peut-être plus utiles ? Pourtant, on l'aime bien l'Aibo…

Dominique Piotet
A San Francisco pour l'Atelier
Pour ceux qui veulent aller plus loin, et suivre l'actualité de la robotique : http://www.roboticstrends.com . Un site de référence.

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