Le robot est conquis par le langage des signes

Par 23 février 2009
Mots-clés : Smart city, Europe

Pour comprendre l'intention de ses semblables, le robot peut se fier à leurs mouvements. Un moyen de ne pas passer par des moyens de communication traditionnels et de rendre les machines plus autonomes.

En programmant des robots afin qu'ils reconnaissent leur gauche et leur droite, une équipe de chercheurs franco-israéliens (*) espèrent aussi les rendre capables de communiquer par le mouvement, à l'instar des abeilles. Pour y parvenir, ils s'inspirent d'une solution de communication implicite baptisée stigmergie. Celle-ci autorise l'interaction sans échange de données : si le robot part vers la gauche l'autre réagit d'une certaine manière, vers la droite, d'une autre, etc. Le but de ces recherches, publiées dans l'article"Deaf, Dumb, and Chatting Robots", est de bâtir des machines capables de transmettre des informations même en cas de panne de leurs systèmes de transmission traditionnels.
Quand le robot est trop petit pour emporter son système de communication...
Cette solution offre des perspectives notamment dans les nanotechnologies. L'interaction machine to machine se trouve confrontée au problème de la miniaturisation. Pour Franck Petit, chercheur à l'Ens Lyon et coauteur du papier, "le problème des nanorobots est qu'ils sont de par leur taille naturellement limités en capacité et en énergie". Il est donc complexe voir impossible dans l'état actuel des choses de les équiper de systèmes de communications comme le GPS. L'utilisation d'un programme qui permet aux robots de comprendre ce que fait l'autre en réaction à un mouvement rendra autonomes des robots bien plus petits.
... quand celui-ci ne fonctionne plus
Ce type de recherche peut également trouver des débouchées dans l'armée. Franck Petit confie ainsi à L'Atelier que "pour des machines de guerre, en cas de brouillage des communications, ce type de reconnaissance par le mouvement pourrait leur permettre de rester opérationnelles, même si c'est encore de la science-fiction". Les chercheurs mettent aussi en avant les économies d'énergies que représente ce type de communication par rapport aux moyens classiques. Les chercheurs israéliens du projet ont été en partie subventionnés par l'US Airforce.
(*) Yoann Dieudonné MIS Lab., University of Picardie Jules Verne;  Shlomi Dolev Department of Computer Science, Ben-Gurion University of the Negev ; Franck Petit INRIA, LIP Lab., University of Lyon; Michael Segal Communication Systems Engineering Dept, Ben-Gurion University of the Negev.

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