Le robot fait le poids sauteur

Par 21 mai 2008

Un mécanisme issu de la recherche helvète est capable de se propulser à une hauteur correspondant à près de 30 fois sa taille.

En matière de robotique, chaque pays a sa spécialité. Les norvégiens avancent du côté des serpents. Les Etats-unis, eux, tentent de copier le vol la mouche. Quant aux chercheurs suisses, ils tâtonnent du côté des sauterelles. L'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne vient en effet de mettre au point un micro-robot avec une grande particularité. Il est capable d'effectuer des bonds équivalents à plus de 27 fois sa taille. En l'occurrence, le mécanisme faisant un peu plus de 5 cm, le saut est de 1,4 mètres. Cela pourrait paraître anodin si le saut de l'insecte robot n'était pas également un saut dans les capacités dont sont équipées des robots équivalents.
Des bonds dix fois plus importants
"Proportionnellement à sa grandeur, il parvient à faire des bonds dix fois plus importants qu’eux", rappelle l'école helvète. Le robot sauteur met en branle le même principe que ses cousins organiques. C'est-à-dire qu'il stocke de l’énergie dans un ressort en utilisant un petit moteur électrique entraînant une came. Cette came assure la transformation du mouvement de rotation en un mouvement de translation. Les pattes du "robosauterelle" peuvent être ajustées en fonction de la puissance d’impulsion ou encore de l’angle de décollage. Il embarque évidemment sa source d'énergie, à savoir une petite batterie embarquée qui lui permet de faire jusqu’à 320 sauts à intervalles de 3 secondes.
Mouche et sauterelle à la rescousse
Les américains pourront prochainement en profiter durant le symposium baptisé"Adaptive Motion of Animal and Machines". Pour l'instant, le dispositif n'est pas très intelligent. Mais dans le futur, il pourrait embarquer des capteurs. Ainsi, il serait à même d'explorer des terrains difficiles d'accès, et d'aider dans des opérations de sauvetage. "Cette forme biomimétique de saut est unique puisque ces engins pourront se promener sur des terrains où aucun autre robot marchant ou roulant ne peut s’aventurer", explique Dario Floreano, professeur à l’EPFL. Pour mémoire, c'est également ce but que visent les équipes d'Harvard avec leur prototype de robomouche.
 

 

 

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