Robotique : l'homme recrée la mouche

Par 03 mars 2008

D'ici cinq ans, un micro-robot devrait reproduire le vol de la mouche. Une invention prometteuse mais qui demande de surmonter de nombreux obstacles technologiques avant d'être produite en masse.

Au croisement de la biomimétique – discipline scientifique qui vise à imiter la nature – et de la robotique naissent des inventions des plus originales, mais aussi prometteuses. Le meilleur exemple en est sûrement le concept de mouche microrobotique issu des laboratoires de l'université d'Harvard (Etats-Unis). L'équipe du professeur Robert Wood y a conçu un prototype de micro-robot ailé censé pouvoir reproduire le vol et les mouvements de certaines espèces de diptères. Celui-ci mesure un centimètre et demi de long pour trois centimètres d'envergure, ne pèse que soixante milligrammes et est capable d'effectuer environ 120 battements d'ailes par seconde.
Défis technologiques
Les chercheurs évoquent déjà la possibilité d'utiliser des appareils de ce type pour la localisation de rescapés dans une zone sinistrée – séismes, éboulements, accident chimique etc. Ces robots miniatures, dispersés par milliers, pourraient ainsi retrouver des survivants en détectant leurs rejets de dioxyde de carbone ou encore la chaleur de leur corps. Les informations recueillies seraient dès lors retransmises par communication radio à des récepteurs disposés autour de la zone par les équipes de sauvetage. A terme, l'équipe imagine la production à grande échelle de micro-drones à très bas coûts - environ une dizaine de dollars - et simples d'utilisation. Presque rien au regard de leurs équivalents actuels, utilisés par l'armée. Un objectif qui n'est toutefois pas encore réalisable aujourd'hui.
Composants embarqués
Pour y parvenir, la Microrobotic Fly devra embarquer un système d'alimentation, un dispositif permettant un contrôle autonome des trajectoires mais aussi des capteurs. Pour ce dernier point, les chercheurs évoquent les solutions de Centeye, soit des détecteurs visuels pesant moins d'un gramme. Autre défi : le transport d'une micro-batterie (moins de 50 milligrammes) pour accéder à l'autonomie énergétique. La mouche robotisée, qui comporte un matériau électroactif permettant le battement de ses ailes, est pour le moment liée à une source électrique extérieure. Les chercheurs estiment qu'une mouche robot complètement opérationnelle pourra être développée d'ici cinq ans.

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