Quand les robots coopèrent pour leur propre sécurité

Par 13 janvier 2011
robots

Les machines qui évoluent dans un même environnement pour une tâche commune ont besoin de règles sociales, permettant de détecter les comportements anormaux d'un pair infecté par un programme malveillant.

Dans la mesure où plusieurs robots utilisés dans un espace clos peuvent être amenés à coopérer pour résoudre diverses tâches ou partager de l’information, il faut les doter d’une capacité à identifier collectivement les comportements déviants d’un des leurs, souligne dans une étude une équipe de chercheurs de l’Institute of Electrical and Electronics Engineers (IEEE). Comment ? Grâce à un protocole, baptisé "Intrusion Detection System", qui permet non seulement aux machines de repérer des irrégularités, mais aussi de prendre des mesures pour sécuriser l’ensemble du groupe. "Nous considérons comme ‘intrus’ les robots dont le comportement est anormal, c’est-à-dire qui ne suivent pas les règles communes, soit pour des raisons de dysfonctionnement technique, soit à cause d’une reprogrammation malicieuse", précisent-ils.

Un protocole de détection

Le protocole est basé sur deux éléments principaux. "D’abord, un moniteur intégré dans chacun des robots, individuellement, et qui lui permet de prendre en compte les informations locales disponibles, pour les partager avec les autres machines ensuite", détaillent les scientifiques. Avant d’ajouter : "Le second élément est un algorithme qui permet aux robots de partager les informations qu’ils prélèvent individuellement". En clair, les machines commencent par prendre des mesures sur leur environnement et la présence attendue de chacun des robots dans cet espace. Elles se construisent donc individuellement une carte dite "subjective" du lieu où elles évoluent.

Une carte commune, construite collectivement

Et dans un second temps, elles partagent ces données pour convenir d’une carte commune, intégrant les règles sociales qui régissent le comportement de chacune d’entre elles. Carte qui comprend donc les zones occupées et les zones libres, à tel ou tel moment. En cas de comportement anormal, une machine peut signaler à l’ensemble, et à une unité centrale, l’irrégularité détectée. Reste un point que les scientifiques admettent ne pas avoir encore pris en compte : le cas où un programme malveillant parviendrait à modifier les informations que le robot infecté transmet à ses congénères. 

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