La route, Colisée des temps modernes

Par 28 octobre 2011
colisée

L'homme viril aime la vitesse. Mais il n'aime pas les autres hommes virils qui aiment la vitesse. D'où tension.

D'après certaines statistiques clairement frauduleuses, les femmes maitriseraient mieux l'art de la conduite que la gente masculine. Ces dernières enfreindraient moins la loi, et seraient à l'origine d'un nombre réduit d'accidents. Chacun est évidemment libre de se faire sa propre opinion sur la question (après tout, le dicton populaire n'affirme-t-il pas : "Femme au volant... n'oublie jamais ses gants" ?).

Toujours est-il qu'un chercheur de l'université Temple de Philadelphie prétend avoir mis à jour les mécanismes psychologiques menant à ces soi-disant déviances de conduite. Cela tiendrait en fait à la tendance qu'ont les conducteurs de sexe masculin à assimiler inconsciemment la voiture à une extension de leur corps. Telle une armure, la voiture donnerait une sorte de sentiment d'invincibilité, et pousserait à considérer la route comme une arène où se jouerait la guerre des mâles alpha. En fait, en dépassant un autre conducteur, on lui démontrerait clairement que notre virilité est quand même vachement plus grosse que la sienne.

Une tendance à l'anthropomorphisme qui serait corroborée par la conduite des jeunes conducteurs (rappelons qu'aux Etats-Unis, la conduite commence à 16 ans). Celle-ci s'avèrerait agressive et sans limites, comme un reflet de leur rébellion profonde face à une société vraiment trop injuste.

Toutefois, une dernière donnée vient décrédibiliser l'étude toute entière. Celle-ci affirme que plus une personne démontre de l'attachement pour les possessions matérielles, plus sa conduite tendra à être débridée. Or, si l'on peut éventuellement admettre la présence d'un esprit de compétition particulièrement exacerbé chez les hommes, le goût pour les choses matérielles de ce bas monde reste et restera toujours l'apanage du beau sexe.

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