Au Royaume-Uni, l'internaute déçu tourne le dos au web

Par 25 juin 2009
Mots-clés : Smart city

Ce n'est pas un problème de méconnaissance technique qui fait que les individus se méfient du web. C'est une utilisation décevante des outils en ligne et une méfiance quant à la sécurité de la Toile.

Dans les pays occidentaux, ce ne sont pas les difficultés techniques, mais plutôt le manque d'intérêt et la méfiance qui poussent les individus à ne pas ou à ne plus utiliser Internet : selon une étude de l'Oxford Internet Surveys*, les trois cinquièmes de ceux qui n'ont jamais utilisé le web avouent ainsi un désintérêt complet pour la vie numérique. Et du côté des anciens utilisateurs, c'est le même refrain : ce n'est pas pour une question d'argent qu'ils ont résilié leur abonnement, mais parce qu'ils ont été déçus par les services proposés. Autre problème : celui de la confiance. Les désormais non connectés reconnaissent que le web facilite l'accès à l'information. Mais ils ont peur de se voir voler certaines informations confidentielles et réclament plus de régulations.
Un paradoxe entre régions du monde
Chose amusante, près des trois quarts des personnes qui n'utilisent pas ou plus Internet qui sont favorables à la mise en place de régulations gouvernementales plus fortes, contre un peu plus de la moitié de ceux qui sont connectés. Qui auraient dû se sentir plus exposés. "Il existera toujours des individus réticents à Internet. Et il reste difficile de distinguer ceux qui ne veulent pas de ceux qui ne peuvent pas se connecter, pour des raisons cognitives ou techniques", souligne à L'Atelier Jean Pouly, directeur général de l'Agence Mondiale de Solidarité Numérique. Pour lui, cette appréhension est compréhensible dans les pays dits développés. "Il existe un paradoxe entre les populations mondiales sous informés, et celles qui connaissent l'infobésité", explique-t-il.
Trouver des solutions
"Ces dernières, en tombant dans l'excès, risquent de développer une certaine méfiance et donc de se retirer d'Internet". Un constat qui n'est selon lui pas valable dans les pays en voie de développement, où les populations voient d'abord les bénéfices de l'accès à Internet, avant de se poser de telles questions. "La méfiance et les interrogations sur le respect de la vie privée correspondent plutôt à un luxe dans les pays occidentaux et à de réelles préoccupations pour les pays sous dictatures" précise Jean Pouly.
*Celle-ci porte, entre autres, sur les Britanniques qui ont résilié leur connexion Internet ou qui ont choisi de ne jamais s'abonner.

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