Le Royaume-Uni passe en mode très haut débit

Par 16 juillet 2008
Mots-clés : Digital Working, Europe

Pour équiper en fibre optique dix millions de foyers britanniques d'ici à 2012, l'opérateur britannique annonce un programme d'investissement de 1,8 milliard d'euros. Les FAI français estiment avoir un temps d'avance.

La fibre optique nécessite de gros investissements. BT, l'opérateur historique d'outre-Manche vient d'annoncer qu'il comptait dépenser 1,5 milliard de livres sterling, soit 1,8 milliard d'euros. Objectif : équiper dix millions de foyers du Royaume-Uni en fibre optique d'ici quatre ans. Cet investissement s'inscrit dans le cadre d'une stratégie visant à fournir des services haut débit nouvelle génération à l'ensemble du pays. BT précise que la fibre devrait d'abord offrir à ses utilisateurs un débit de 100 Mbps mais pense ensuite pouvoir atteindre 1000 Mbps. A l'heure actuelle, le FAI anglais propose la fibre à environ cent mille foyers. Dix millions de kilomètres de fibre sont déjà déployés sur l'ensemble de son réseau. "Le haut débit a dynamisé l'économie britannique et constitue  un élément essentiel dans la vie de nos clients. Nous souhaitons désormais révolutionner son déploiement  pour offrir des vitesses encore inégalées", a déclaré Ian Livingston, le président de BT.
Compétition franco-anglaise
Comme c'est le cas en France, BT mise sur l'aide financière des collectivités locales et des instances régionales. Comparée aux projets hexagonaux en matière de fibre optique, l'annonce de BT peut sembler impressionnante. Pour l'instant, à l'instar de SFR / Neuf Cegetel, les opérateurs français ont annoncé au mieux un milliard d'euros d'investissement pour doter l'hexagone en fibre alors que la superficie du Royaume-Uni est inférieure à celle de la France et sa population similaire. Il n'en demeure pas moins que, selon les opérateurs français, le réseau existant est de meilleure qualité dans l'hexagone et que ceux-ci disent avoir pris de l'avance dans la course à la fibre optique. Chez Orange, on rappelle par exemple que d'ici la fin de l'année, 270 millions d'euros auront déjà été dépensés en pré-déploiement de la fibre optique. "Nous refusons encore de donner un chiffre pour la phase de déploiement proprement dite car nous attendons que l'ARCEP fixe les conditions concurrentielles entre utilisateurs" explique à l'Atelier un porte-parole du groupe.
Deux ans de discussion
Du côté de BT, on doit encore collaborer avec l'Ofcom, l'équivalent de l'autorité française de régulation des communications chargé d'établir le cadre réglementaire des futurs réseaux. Ce qui prendra du temps. "En France, même si le dégroupage a bien fonctionné, la discussion entre opérateurs et puissance publique aura duré deux ans", rappelle à l'Atelier un responsable de l'ARCEP. Cette discussion touche toutefois à sa fin. "Tous les problèmes, comme celui de la mutualisation de la fibre, sont en passe d'être résolus". La loi de modernisation de l'état (LME) qui réglemente notamment le développement de la fibre optique dans le pays devrait être votée d'ici fin juillet. Une fois les règles du jeu fixées, les opérateurs français feront sans doute des annonces dès cet automne.

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